En cette année 2019, l’UCI a intégré le VTTAE XC aux Championnats du Monde du vélo de montagne, en ouverture des festivités à Mont Sainte-Anne (Québec). Une première mondiale qui permet “officiellement” au VTTAE de devenir une nouvelle discipline de VTT ! Nadine, notre rédactrice ambassadrice, a eu l’opportunité d’y aller et de les vivre de l’intérieur grâce au soutien de Moustache et Bosch. En tant que “vraie” qu’expérimentée de la discipline, elle nous livre ses ressentis et nous résume sa course. Découvrons ça…

 


Temps de lecture estimé : 19 minutes – Photos : Moustache / Whyex / VTTAE.fr / DR


 

 

Et les premiers Champions du Monde de l’histoire sont…

Tout d’abord, commençons par la fin et les résultats. Deux nouveaux champions ont donc marqué l’histoire du vélo de montagne.

Tout d’abord chez les hommes, c’est le jeune Sud Africain, Alan Hartely (Specialized) qui a pris la tête de la course et personne n’est venu le titiller par la suite. Les Français Jérôme Gilloux et Julien Absalon, tous deux en Moustache, ont signé une sacrée performance en prenant respectivement la 2ème et 3ème place. La mise en grille n’étant pas en leur faveur par l’absence de point UCI XCO : 2ème ligne pour Jérôme, 4ème pour Julien. Ils ont dû se frayer un passage pour remonter en tête de course.

 

 

Chez les filles, la course a été menée tout le long par la pilote canadienne Maghalie Rochette (Specialized) mais elle était suivie de près par la Suisse Nathalie Schneitter (Trek) qui arrive finalement à la doubler dans une descente, à la fin du dernier tour, pour s’envoler vers la victoire. La Néerlandaise, Annake Berteen (Specialized) complète le podium.

 

 

Notons qu’au niveau motorisation, 100% des podiums hommes et femmes se sont gagnés avec des moteurs de toute dernière génération : Turbo 2.1 (Brose Drive S Mag) pour les Specialized et Bosch Performance CX 2020 pour les Moustaches et Trek.

Et tous, avec des batteries à grosse capacité, de 625 à 700Wh. En effet, autant la puissance des nouveaux moteurs ne varie pas significativement, par contre les nouvelles batteries de plus grande capacité ont fait la différence permettant au moteur de fonctionner à plein régime jusqu’à la ligne d’arrivée, contrairement aux athlètes équipés d’une 500Wh. Certains pilotes avec des VTTAE de 2019 ont dû gérer leur consommation sur le dernier tour, alors que ceux sur le podium terminent avec plus de 40% de batterie et en mode Turbo ! On reviendra sur ce point un peu plus tard…

En tous cas, la France était la nation la plus représentée avec 11 pilotes sur 45. Elle montre une fois de plus son avancée et sa motivation pour cette nouvelle discipline. Les maillots tricolores ont tous assurés pour cette première ! Alors bravo aussi à Miguel Martinez, Christophe Betard, Xavier Marovelli, Jean-Pierre Bruni, Philippe Souveton, Julien Nayener, Emeric Lenzer, Caroline Mani… et moi 😉 , pour leur belle participation.

 

 

 

 

Ces premiers mondiaux de VTTAE à la loupe

La présence de grands noms du VTT parmi les concurrents a permis de mettre en lumière cette course dès la première année, ce qui est un très bon point. De plus, les grandes marques de VTTAE étaient présentes car l’enjeu était important pour la compétition mais aussi pour le grand public.

D’ailleurs, Greg Sand – co fondateur/dirigeant de Moustache – avait fait le déplacement à Mont St Anne et nous a livré sa vision des choses lors d’une petite interview…

 

De quel œil as-tu vu ces premiers Championnats ? 

D’un très bon oeil 😉 . C’était un grand moment, très symbolique pour Moustache. Nous sommes partis de zéro en 2011, la marque a été lancée à une période où le marché du VAE était encore très bas en France. De notre côté, nous étions convaincus du potentiel à ouvrir la pratique du vélo, tant sur le plan urbain/ mobilité, que sur le plan sportif, nous avons beaucoup milité autour de nous ! Dès la première année, nous avons intégré des VTT (semi rigides) car on prenait déjà un plaisir fou à les rouler. À cette époque, les gens qui n’avaient pas encore goûté au plaisir du VTTAE, étaient souvent dubitatifs, voire réfractaires… Aujourd’hui la pratique s’est démocratisée et ces premiers Championnats du Monde UCI, incarnés par de grands pilotes, démontrent que le VTTAE est devenu une véritable pratique ! Chez Moustache, nous sommes tous extrêmement fiers d’y avoir contribué !

 

Et vis à vis de la pratique ?

Le VAE est aujourd’hui un vrai relais de croissance pour toute l’Industrie du Cycle, on peut le constater partout à travers le monde, même si les marchés ne sont pas tous au même niveau de maturité. Ces Championnats, organisés par l’UCI, viennent donner du crédit à cette nouvelle pratique, qui fait aujourd’hui clairement partie du paysage ! L’électrique touche à la fois des cyclistes, qui trouvent plus de plaisir à un moment de leur vie à basculer sur un VTTAE, mais il permet aussi d’initier des gens qui ne faisaient pas/plus de vélo. Au final, l’important c’est que de plus en plus de gens pédalent !

 

As tu observé quelque chose de particulier ici ?

J’ai avant tout vu beaucoup de plaisir dans les yeux des coureurs et des spectateurs ! La course a été à l’image de la pratique, pleine de fun, très ouverte avec des profils de coureurs très différents, qui ont tous franchi la ligne avec le sourire. C’est ce que nous vivons au quotidien, la magie du VTTAE est avant tout le côté rassembleur autour de la même passion.

 

Et qu’est-ce qui t’a poussé à venir voir ça de toi-même ?!

J’avais déjà prévu un déplacement en août pour visiter des clients avec notre distributeur canadien, donc quand la date des Championnats est tombée, j’ai naturellement prolongé mon séjour pour être présent aux côtés de notre équipe ! J’en profite pour leur adresser une pensée à tous les quatre, car nous avons de super pilotes, soudés, avec un état d’esprit qui donne envie de les soutenir !

 

 

Enfin, il y a eu un vrai investissement de la part de l’UCI pour que tout se déroule au mieux pour cette première édition. Ce fût d’ailleurs une très belle première, cependant pour que le VTTAE trouve sa vraie place dans ces Championnats, certains points  comme le parcours, les contrôles et l’équité des batteries vont devoir progresser et se normaliser. Voyons ça…

 

 

 

Le parcours de XC

Le circuit était technique, rythmé et légèrement adapté aux ebikes. À la fin, tout le monde avait donné son maximum de ses capacités physiques, et c’est tant mieux, mais le niveau technique du parcours était encore bien trop timide à mon avis.

En effet, la principale montée technique aurait mérité d’être plus longue et encore plus technique pour mettre en avant les vrais spécialistes de la discipline. Sur cette première édition, les gros mollets, les crosseurs sans grandes expériences de pilotage à VTTAE pouvaient perdre quelques secondes en cas d’erreur mais ils pouvaient repartir très vite en un coup de pédale. L’enchaînement de difficultés n’était pas suffisant.

D’autant plus que pour avoir vu le tracé des XCO, certains passages de ce parcours étaient plus techniques en montée que celui des VTTAE alors que cela devrait être l’inverse. Je pense que beaucoup de monde n’imagine pas ce que les plus doués arrivent à faire à VTTAE si on maîtrise tous les paramètres de pilotage. Par exemple, remonter une partie de la piste de DH au niveau des pierriers aurait été possible ! Les personnes responsables du tracé devraient être des experts, de vrais pratiquants pour valoriser le VTTAE.

 

 

D’autre part, les organisateurs ne doivent pas craindre de mettre des longues descentes techniques et cassantes. Il ne faut pas oublier que les VTTAE sont en généralement équipés de pneus larges et de suspensions conséquentes. Sauf erreur de ma part, malgré la formule dite “XC”, je n’ai vu aucun VTTAE semi-rigide et très peu de petits débattements, c’est pour dire…

 

 

Enfin, les passages à plats à 25km/h auraient pu être évités en créant simplement des chicanes, histoire de casser la vitesse sans avoir à surpasser l’assistance.

Il faut donc niveler vers le haut toutes les portions du parcours pour vraiment identifier cette nouvelle pratique. Le spectacle sera plus grand, plus sélectif et les athlètes seront alors de vrais spécialistes. Pour moi, c’est là où j’ai été un peu déçue… Certaines marques ont demandé à leurs top pilotes venant d’autres disciplines d’y participer sans qu’ils aient forcément de l’expérience. Comme le parcours leur permettait de passer l’ensemble des difficultés, ils ont pu participer à la bataille sans difficulté.

Leurs témoignages post événement sont d’ailleurs encore trop axés sur la découverte “c’est plus dur que ce que je ne le pensais…“, “faut maîtriser…“, “c’est très cardio…“, “on est à fond“. C’est bien pour faire comprendre au grand public que c’est une discipline sportive à part entière mais pour un niveau mondial, pour des Championnats du Monde, un “novice à VTTAE” ne devrait pas pouvoir rivaliser avec les “spécialistes”, sauf s’il est surdoué bien sûr !

Pour avoir une idée du parcours voici la vidéo d’une de mes reconnaissances, dans le rythme mais pas à fond…

 

 

 

Les contrôles de motorisation

Sur ce point, l’UCI a effectué des contrôles de paramétrage des moteurs avant et après la course mais ces contrôles restent largement insuffisants. Par exemple, les moteurs n’ont pas été ouverts pour contrôler la présence d’éventuelle puce permettant de les trafiquer…

 

 

De même, il reste le problème de la connexion à distance via Bluetooth qui permet de modifier beaucoup de paramètres pour certains vélos. Quelqu’un d’un staff malintentionné, du bord de la piste, aurait très bien pu agir sur le vélo d’un de ses coureurs lors de la course et le remettre aux normes avant l’arrivée. Tous les paramètres électroniques doivent être pris en compte pour avoir de la crédibilité et surtout pour éviter les mauvaises langues et les rumeurs…

Il est vrai, il faut l’avouer que ce domaine des contrôles est donc très complexe mais comme pour le tracé, il va évoluer et se perfectionner dans les année à venir. Le tout est de bien suivre l’évolution chaque année car tout progresse très vite et il ne faut pas avoir un train de retard.

 

 

 

L’équité de l’autonomie

Pour commencer, l’UCI n’avait communiqué aucune information à ce sujet et nous n’avions pas non plus le kilométrage et dénivelé précis à parcourir en course avant de partir au Canada, ni même la veille de la course. Si dès le départ, les conditions de course avaient été claires, je pense que certains pilotes équipés de batterie en 500Wh, qui pouvaient espérer pointer en tête de course, ne se seraient pas forcément présentés.

En effet, la différence de capacité de batterie est forcément entrée en jeu, c’est évident. Les moteurs 2019 avec des batteries en 500Wh ne pouvaient pas concurrencer les nouveaux comme expliquer auparavant. Encore un point qu’un expert en VTTAE aurait peut être pris en compte pour organiser ces Championnats.

L’UCI devra obligatoirement se pencher sur la question : comment harmoniser les batteries ? Les constructeurs pourraient éventuellement produire des batteries spécifiques pour la compétition pour que tous les concurrents aient la même capacité le jour J (les 625Wh transformées en 500Wh par exemple)?! Ou prévoir un changement de batterie ? Faire 2 manches plus courtes avec 2 batteries…?

Mais quoi qu’il en soit, il est important de trouver une solution pour que la course reste intéressante pour les pilotes et le public.  Il est vrai qu’à l’heure actuelle, ceci est compliqué avec la capacité des batteries encore assez limitée ce qui ne permet pas de faire de long parcours en exploitant au mieux le moteur.

Les batteries et le format de course, voilà un autre sujet délicat…

 

 

 

Mon aventure lors de ces mondiaux

10 jours à peine avant la course, en rentrant du 1er Tour du Mont Blanc électrique, une idée qui passe par la tête, une bonne dose de fatigue, un grain de folie… Me voila motivée à tenter l’aventure, une grande envie de vivre ces premiers mondiaux…

La Fédération FFC n’ayant pas rempli son quota de participants à VTTAE (candidature sur dossier), elle n’a pas vu d’objection à mon inscription quelques heures à peine avant la clôture des dossiers. Me voila inscrite avec le maillot de l’équipe de France… Par contre, il n’y a pas de prise en charge de leur part. Les pilotes doivent se débrouiller par eux même, pour le voyage, la logistique sur place… Il me reste alors tout à organiser. Pour planter le décors, on est lundi matin, le seul vol au départ de Nice à prix raisonnable était le vendredi de la même semaine et la course le mercredi suivant. Il fallait trouver un vélo, gérer le problème de batterie, me loger, me déplacer…

Malgré ce timing très serré, les marques Moustache pour le vélo et Bosch pour la batterie se sont organisées pour me soutenir. En une matinée, Moustache s’est lancée dans l’aventure et m’a trouvé un vélo disponible dans ma taille. Bosch quant à eux m’ont assuré la logistique et la gestion de la “batterie” que j’aurai juste à récupérer sur place (il est impossible/interdit de voyager avec une batterie dans l’avion). Je me suis alors retrouvée intégrée “non officiellement” au team Moustache/Bosch composé de Julien Absalon, Jérôme Gilloux et Christophe Betard.

Pour le logement, Philippe Souveton, un Français habitant sur place, ma ouvert ses portes. Mon Club CSPM VTT et VTTAE.fr m’ont aidé à boucler le budget. Merci à tous pour votre soutien !

C’était juste de la folie à organiser en moins de cinq jours avant le départ mais finalement tout s’est bien ficelé avec une bonne dose de stress tout de même. Le vendredi, je m’envolais avec mon vélo bien protégé dans sa valise Buds Sport en direction du Canada !

 

 

Deux jours avant la course, le responsable technique France de XC a convié tous les pilotes de VTTAE pour un briefing général afin de nous transmettre les dernières informations et pour nous remettre nos tenues tricolores.

 

Il nous annonce également que le règlement UCI impose un nombre limité de mécanos au niveau des zones de ravitaillement. Un mécano de l’équipe de France sera prévu pour l’ensemble de la délégation nationale, afin de nous aider en cas de besoin. Une partie du staff sera aussi répartie sur l’ensemble du parcours pour nous suivre et nous informer du déroulement de la course devant et derrière nous.

 

Pour les reconnaissances du tracé “provisoire”, nous avions des créneaux de 2h en fin de journée (16h-18h) le lundi et mardi, avec la possibilité de faire autant de tours que l’on voulait. Ainsi qu’1h le mercredi, jour de course pour découvrir le parcours définitif…

 

 

 

Mon VTTAE pour ces Championnats

En organisant mon déplacement en quelques jours, c’était impossible de me trouver un VTTAE avec un moteur 2020 à ma taille. Les disponibilités à cette période sont encore très limitées, il aurait fallut le prévoir bien à l’avance. Cependant l’équipe de Moustache a réussi à me trouver et à m’envoyer en moins de 24h, un Moustache Samedi 27 Trail 9. Ce VTTAE de 140mm de débattement, en carbone, était une valeur sûre et tout à fait taillé pour cette compétition dite de XC. Je me doutais qu’au niveau batterie/autonomie, j’allais sûrement être pénalisée mais l’aventure en valait le coup et l’UCI n’avait pas encore communiqué à ce sujet donc on pouvait espérer…

Pour le personnaliser quand même un peu, j’ai changé les points d’appuis (selle, poignées), j’ai mis des manivelles en carbone, un cintre en 740mm (pour ne pas couper celui d’origine) et une tige de selle en 125mm.

 

 

J’ai remplacé également la console Purion par une Kiox pour avoir notamment plus d’informations sur ma consommation de batterie.

 

 

Enfin, j’ai mis des pneus avec lesquels j’ai l’habitude de rouler en VTTAE pour ne pas avoir à y penser.

 

 

 

Ma course

J’avoue que j’étais assez tendue avant le départ car je n’avais jamais couru à un tel niveau. Heureusement qu’il y a des Français, et même des Azuréens, comme Xavier Marovelli et Jean Pierre Bruni, toujours là pour détendre l’atmosphère et faire redescendre la pression.

Les filles avaient un départ différé d’1 minute après celui des garçons.

Le mode Turbo est enclenché pour une première longue montée sur une piste de ski afin d’étirer tout le monde. Je me retrouve en cinquième position derrière la cyclo-crosseuse Caroline Mani, l’autre Française. On roule toutes ensemble jusqu’en haut, difficile de faire la différence à ce niveau là.

Dans la première descente, j’ai essayé de doubler ma compatriote mais elle a “sorti les coudes” comme on dit et n’a rien voulu savoir. Entre Françaises, ce n’est pas très fair play mais bon c’est comme ça. Je suis donc “coincée” derrière elle, on monte à la même vitesse (même moteur, même poids, même capacité physique…) et elle me bloque tous les passages en descente. Je perds alors un temps précieux sur la tête de course. J’arrive enfin à la passer dans la descente la plus technique dite de “la Béatrice” dans laquelle elle met pied à terre. Mon manque d’agressivité et d’expérience de XC pour forcer le passage m’ont fait perdre des minutes précieuses lors de ce premier tour… Une fois passée, je ne la reverrai plus.

Assez rapidement, j’arrive à remonter sur la Néerlandaise Anneke dans les passages techniques et je l’a “dépose” au deuxième tour dans un long pédalage. En haut de la bosse, en me retournant, j’ai l’impression de l’avoir bien distancé. Roulant très fort en descente, j’imaginais qu’elle me reviendrait dessus de suite, mais non, je termine mon 2ème et 3ème tour en pensant avoir de l’avance.

Lors de ces deux tours, j’ai dû doubler un certain nombre d’hommes et ce n’est pas toujours évident. Je suis notamment gênée par deux concurrents hommes que je double en montée et qui font leur show en descente… alors qu’ils sont dans les choux au classement hommes. C’est comme s’ils faisaient la course avec moi… Si eux n’ont rien à perdre en roulant comme ça avec les filles, elles par contre, peuvent perdre gros. La fierté masculine est parfois difficile à contrôler quand on fait course commune. Heureusement, qu’ils sont peu nombreux !

À la fin du 3ème tour, on me prévient qu’Anneke Berteen revient derrière. Je n’ai rien vu venir. Elle me passera dans le premier quart du dernier tour, dans le même long pédalage sur la piste de ski, où je l’avais doublé deux tours auparavant. J’étais bien sûr dans le rouge physiquement mais j’ai eu du mal à comprendre qu’elle puisse me revenir dessus là où elle semblait être en difficulté lors du 2ème tour.

Une fois devant, je n’ai pas pu la suivre même en Turbo. Je ne pouvais pas suivre non plus un des concurrents équipé du même vélo qu’elle, alors que je venais de lui prendre un tour juste avant. Pour en avoir discuté après course avec les spécialistes de chez Bosch, la capacité supérieure de sa batterie Specialized (500 vs 700, voltage qui reste haut plus longtemps) a fait la différence sur ce dernier tour et cela se prouve sur tous les podiums… Mais à ce moment là de la course, le moral en prend forcément un coup car j’ai vu s’envoler la 3ème place sans pouvoir arriver à lutter.

Je termine donc au pied du podium avec une médaille en chocolat… Je n’ai jamais aimé le chocolat et je sais pourquoi maintenant 😉 ! Toutefois, j’ai pu participer aux premiers Championnats du Monde de VTTAE, c’est fabuleux pour moi et surtout pour le VTTAE. J’y étais, j’ai roulé comme j’ai pu, avec les moyens que j’avais et sans aucune préparation puisque que ce n’était pas prévu. Et ce n’est pas comme si j’avais déjà tout donné au Tour du Mont Blanc une semaine plus tôt… 😉

 

 

Mon Moustache samedi 27 Trail 9, pris en mains deux jours avant la course lors des reconnaissances, a parfaitement assuré, rien a dire et je me suis régalée ! La “petite” batterie de 500Wh n’a pas forcément joué en ma faveur mais c’est ainsi, et je ne suis aussi qu’une passionnée de VTTAE qui a voulu se mesurer à des vraies athlètes femmes qui elles méritent pleinement leur podium ! Alors bravo à elles.

 

 

Pour résumer…

2019 restera l’année des tous premiers Championnats du Monde de VTTAE. Nous sommes tous contents qu’ils aient été organisés sans attendre encore trop d’années. L’UCI a essayé de mettre en place de bonnes bases pour cette première mais l’organisation n’était pas parfaite. Une évolution de tous les paramètres (parcours, contrôles, batterie…) sera forcément nécessaire pour que le VTTAE trouve une vrai place dans le monde du vélo de montagne. Mes mots peuvent être parfois durs mais j’estime que des Championnats du Monde UCI se doivent d’être à la hauteur et quasiment irréprochables, nous n’étions pas sur un Test Event après tout.

Mais on le sait, tout est complexe surtout lors d’une première. Cependant, l’intégration à l’organisation de “spécialistes” ou “pratiquants” du VTTAE me semble indispensable pour que cela évolue dans le bon sens à tout point de vue.

À côté de l’organisation, les marques et l’industrie de VTTAE étaient présentes et ont soutenu cet événement. C’est un point très positif pour l’avenir. Tout le monde est conscient des enjeux et veut que cette discipline se développe au mieux. Ces derniers devront aussi participer à l’évolution de ces Championnats et peut être faire des compromis. Le but est d’avoir des courses qui récompensent pleinement les pilotes et les VTTAE sans que l’on se dise “c’est le meilleur moteur ou celui qui a la plus grosse batterie qui gagne“…, sans quoi, passeront au second plan l’essence même et le charme du vélo de montagne : l’harmonie entre un vélo et un athlète.

Enfin, espérons que cette épreuve trouve sa place dans quelques années par rapport au déroulement de l’événement global. On pourrait imaginer que cette discipline devienne comme le XC et la DH, une discipline dite “élite”. Elle pourrait alors s’effectuer en fin d’événement pour profiter également de la couverture médiatique déjà en place pour le XC et la DH. D’autant que beaucoup du bord de piste, ont salué un beau “spectacle” et l’intensité de ce type de course à VTTAE.

En attendant, retournons nous entraîner et rendez-vous l’année prochaine en Allemagne à Albstadt ! Le rendez-vous est fixé…

 

 

Pour finir, je tiens à remercier encore une fois, les marques Bosch et Moustache Bikes, et même Buds Sport, pour leur aide ainsi que mon club, le CSPM VTT et à mon équipe de VTTAE.fr pour m’avoir permis d’aller jouer dans la cour des grandes en toute dernière minute !

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