On l’a vu la semaine dernière après quelques fuites qui laissaient entrevoir le travail de préparation du dé-confinement à venir : le sport et notre pratique VTTAE n’échappent pas à la problématique de l’après 11 mai. 

Depuis le 13 avril et les annonces d’Emmanuel Macron, le gouvernement et ses ramifications y travaille. Après avoir consulté les premières informations disponibles à ce sujet, il est maintenant temps pour nous de voir les suites qui en découlent… Et ce que l’on peut espérer le 11 mai !

 


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Au sommaire de cet article :

 

 

Les initiatives

Dans notre article du 23 avril dernier, on découvrait notamment comment s’articule le travail qui amène au plan de dé-confinement en vigueur pour le 11 mai : chaque secteur (Sport, Santé, éducation, économie, travail, tourisme, culture…) consulte les éléments cadres de ses instances (DTN, INSEP, CNOSF entre autres pour le sport, soit à l’échelon au dessus des fédérations) pour qu’ils fournissent des propositions avant qu’elles soient recoupées, débattues et arbitrées au niveau inter-ministériel.

C’est donc en hautes sphères, en premier lieu, que semblent se jouer les prochaines semaines. Depuis, certaines entités en lien avec le VTT, que l’on peut suggérer plus proches des réalités, se sont néanmoins manifestées. Dans le bon timing ou déjà trop tard, l’avenir nous le dira. En voici néanmoins les principales initiatives et revendications quant à la pratique du VTTAE après confinement.

 

Moniteurs Cyclistes Français

Dans une note interne, destinée aux moniteurs adhérents à son réseau, le Syndicat National des Moniteurs Cycliste Français faisait par de son analyse des mesures en vigueur depuis le début de confinement, et les marges de manoeuvre/parts d’activité professionnelle toujours légitimement envisageables en tant que professionnel de l’encadrement.

Bien entendu, les établissements d’activité physique référencés et les activités non essentielles ne permettant pas le respect des mesures sanitaires étant suspendues, il ne s’agit pas là d’encourager tout encadrement que ce soit. Il s’avère néanmoins que toute prestation de la sorte se prépare, et que d’autres dimensions de la profession puissent être compatibles avec les mesures actuelles.

La note ayant circulé évoque notamment les repérages d’itinéraires et l’entretien/sécurisation des lieux de pratique, notamment si le professionnel est sous contrat avec responsabilité de veille ou de réalisation. Une communication qui vient au soutient des professionnels en place, et qui vise visiblement à anticiper la reprise des activités telle qu’évoquée possiblement la semaine passée.

 

Mountain Bikers Foundation

Autre entité du milieu, la Mountain Bikers Foundation, qui entend porter la voix des pratiquants et du milieu VTT. Habituellement, son action vise à une veille et médiation sur les conflits d’usage possibles sur les sentiers, à différents plans de sensibilisation, voir de lobbying si besoin. En fin de semaine dernière, et alors que l’échéance du 11 mai se rapproche, la MBF a mis sur pied une consultation, ouverte à toutes bonnes âmes qui souhaitent exprimer leurs visions et attentes en ce qui concerne l’après confinement.

Dans cette communication, la MBF entend obtenir ici suffisamment de matière et de poids pour porter le message, et défendre nos intérêts dans les discussions actuelles, et surtout, à venir. L’instance a bien conscience que les décisions du moment sont déjà largement engagées pour y influer. Quoi qu’il en soit, une consultation dont les résultats peuvent être un bon indicateur pour confronter une certaine photographie des nos attentes de pratiquants avec les mesures qui entrent en vigueur bientôt.

 

Fédération Française de Cyclisme

Le moins que l’on puisse dire, c’est que du côté fédéral, la période de confinement a été mouvementée. Les mesures sanitaires et de restriction des libertés mises en place ont elles-même pris les dirigeants de court. Certains s’exprimant d’abord pour dire qu’elles étaient compatibles avec la pratique cycliste, avant que le mot d’ordre de la FFC prenne le dessus : celui de dire que l’activité devait cesser pendant cette période particulière. Entre ajustements au démarrage et choix des mots, une situation qui a eu le don d’en exaspérer certains…

Alors, à l’aube du dé-confinement, et alors qu’elle devra bientôt mettre en oeuvre les directives que son ministère de tutelle lui confiera, la FFC communique sur sa position du moment, selon trois points. En premier lieu, la pratique cycliste individuelle, qu’elle espère voir de nouveau pleinement autorisée à partir du 11 mai, considérant qu’il serait impensable d’en être autrement. L’activité des clubs qui sont à sa base, et le retour des compétitions, quitte à en adapter les formats, ensuite.

 

Fédération Française des Usagers de la Bicyclette

Dans son communiqué, la FFC s’appuie sur les préconisations de l’OMS, et sur celles du vélo comme forme de mobilité à même de transformer durablement notre société. De bons mots que d’autres n’ont pas attendu. Depuis un bout de temps durant ce confinement, c’est de la Fédération des Usagers de la Bicyclette que l’on entend parler lorsqu’il s’agit de défendre la pratique du vélo.

Notamment lorsque des litiges à propos de l’interprétation des mesures en vigueur se font connaitre. C’est d’ailleurs auprès d’elle, texte de loi et propos d’un professionnel de justice à l’appui, que l’on trouve confirmation qu’en l’état actuel des mesures de confinement “L’usage du vélo comme activité physique est également autorisé, dans la limite fixée par le décret, c’est-à-dire une heure et un kilomètre. Le périmètre étroit laisse à penser que le vélo n’est pas forcément l’activité physique la plus adaptée, néanmoins, si c’est indiqué, si vous respectez la limite, le droit est assez clair.”

La FUB, régulièrement sollicitée par des usagers estimant avoir été réprimandés ou verbalisés de manière abusive par les forces de l’ordre, a ainsi dernièrement déposé un référé auprès du Conseil d’Etat pour faire respecter les textes en vigueur, ni plus, ni moins. Rappelons que cet instance a pour objet de conseiller le gouvernement dans son action, et examine les requêtes pour faire évoluer les textes dont l’interprétation pourrait faire défaut.

Dans un document qui circule depuis peu, le Ministère de l’intérieur semble avoir dû répondre au Conseil d’Etat, et défendre sa position. À cette occasion, il confirme, malgré différentes tentatives de justifications, les propos de la FUB. Depuis le début, et jusqu’au 11 mai, le vélo comme activité physique est possible dans le périmètre 1km/1h, si tant est que des dispositions locales (arrêtés préfectoraux…) d’interdiction d’accès à certains lieux ne soient pas en vigueur et prennent le pas sur les textes nationaux.

 

Du côté de l'Industrie

Depuis quelques temps, les communiqués nous parviennent pour tenir au courant des dernières mesures en vigueur. Comme nombres d’entreprises, celles qui produisent des vélos ont dû s’arrêter provisoirement, le temps d’organiser leurs chaines en tenant compte des obligations du moment.

Ces derniers jours, Orbea, au Pays Basque espagnol, a indiqué avoir repris sa production. Idem chez les Cycles Lapierre, qui indiquent par la même occasion que certains magasins de leur réseau sont disponibles sur rendez-vous et ont conservé/repris une activité en accord avec les mesures de confinement.

 

 

 

L’après 11 mai ?!

D’une certaine manière, ces différentes observations vont dans le sens du dé-confinement que l’on peut espérer pour le 11 mai prochain. À ce sujet, le Premier Ministre s’est exprimé devant l’Assemblée Nationale en des termes clairs : c’est l’objectif, à condition que les indicateurs de l’épidémie soient au rendez-vous des estimations sur lesquelles le gouvernement base sa stratégie de dé-confinement.

Si quelques jours avant le 11 mai, soit autour du 7 mai, le nombre de nouveaux cas par jour est redescendu à 3000, alors, le dé-confinement tel qu’il est esquissé dans la suite de cet article pourra avoir lieu. L’indicateur sur lequel le gouvernement indexe la mise en oeuvre du dé-confinement est ici très clair, et connu de tous. Les mesures qui permettent de l’atteindre aussi : ce sont celles du confinement actuel.

 

 

Plan de dé-confinement

Dans son discours, le Premier Ministre a balayé les différents secteurs d’activité qui seront concernés par les mesures favorisant une reprise à l’après 11 mai. Nous n’allons pas ici détailler l’ensemble de ce plan, mais bien entendu nous concentrer sur les points qui concernent la pratique du VTTAE, au sens large du terme.

Pour l’heure, les mesures qui entreront en vigueur au 11 mai reposent sur 3 principes : apprendre à vivre avec la présence du virus parmi nous, reprendre progressivement nos activités en en maîtrisant l’intensité et l’étendue, et adapter les possibilités aux spécificités locales, à différentes échelles.

Concrètement, ces trois axes se traduisent ainsi…

 

Pratique sportive individuelle permise à partir du 11 mai

L’annonce principale est bien celle-ci : au 11 mai, la règle générale qui réduisait la pratique sportive individuelle et familiale à un rayon de 1km et une durée de 1h pendant le confinement, prendra fin. Il sera de nouveau possible de pratiquer une activité sportive à titre individuel, sans limite de durée ou de distance.

Le Premier Ministre précise que ces pratiques doivent se faire à titre individuel, dans les lieux ouverts, et sans contact avec d’autres personnes hormis le cercle familiale. L’attestation de déplacement dérogatoire ne sera plus exigée, et les contrôles ne seront plus en place à ce sujet. Le port du masque n’a pas été évoqué et ne semble donc pas à l’ordre du jour dans ce contexte.

[M-à-J du 30/04] > Dans un communiqué du Ministère des sports, on apprend qu’à partir ud 11 mai,  il serait possible de s’exercer en groupe de 10 personnes, avec distanciation de 10m entre chaque membre du groupe, ce qui précise un peu les choses. De nouvelles mesures et précisions pourraient néanmoins intervenir d’ici à la date fatidique, nous y reviendrons. 

 

Déplacements

Si la pratique sportive individuelle, et donc le VTTAE, peuvent reprendre au 11 mai, il y aura tout de même certaines restrictions. Au delà du caractère individuel évoqué précédemment, les déplacements resteront limités entre départements et régions, afin que des zones où le virus soit plus présent ne contamine des régions épargnées.

Ainsi, le Premier Ministre parle d’une limite de 100km de distance pour les déplacements autres que ceux destinés au travail ou à des raisons familiales impérieuses. Il sera donc envisageable d’écumer les lieux de pratiques de son secteur dans ce périmètre, mais pas de traverser la France pour se changer les idées et profiter des week-ends ou de congés.

Quelques mots sur les transports en communs, que certains utilisent en complément de leur vélos, y compris pour rejoindre des lieux de pratique. Des règles de distanciation, de limitation du nombre de passagers, de condamnation de places, voir de réservation aux travailleurs à certaines heures de la journée pourront être mises en place localement, tandis que le port du masque y serait obligatoire.

 

Commerces

Depuis le début du confinement, les commerces de cycles font partie des établissements pouvant rester ouverts à condition de mettre en place les mesures nécessaires au respects des mesures sanitaires en vigueur. Dans les faits, bon nombre a fermé, le temps de s’organiser, avant de rouvrir, notamment sur rendez-vous.

Au 11 mai, ces magasins pourront rouvrir. Ils devront néanmoins respecter certaines mesures. Tout d’abord, permettre à l’ensemble des personnes s’y trouvant de respecter des distanciations de 1m entre chacun. Marquages et flux des personnes devront donc être adaptés à ces mesures.

Le port du masque sera possible, mais pas obligatoire tant que l’établissement respecte les mesure que l’on vient d’évoquer. Néanmoins, le port du masque sera obligatoire si elles ne peuvent être respectées compte tenu des lieux, et le gérant de l’établissement pourra conditionner l’accès au port du masque.

Attention au magasins se trouvant possiblement dans les centres commerciaux de plus de 40 000m2. Leur zone de chalandise étant étendue et provoquant des déplacements importants que le gouvernement veut éviter, ces centres ne pourraient ouvrir que les partie jugées essentielles telle que connues actuellement. Ici aussi, les conditions de reprises devront donc être appréciées au cas par cas.

 

Évènements

En matière événementielle enfin, les premières annonces du plan de dé-confinement apportent des précisions à ce qui était évoqué dans nos articles de la semaine passée sur ce sujet. Pour les grands rassemblements, de plus de 5000 personnes, la date du premier août évoquée précédemment est désormais portée au premier septembre. Certaines dates devraient donc encore évoluer dans les jours/semaines à venir.

Pour le reste, les événements estivaux de moindre ampleur devraient notamment tomber dans les prochaines annonces du gouvernement. Si le plan et le timing ici présenté devaient se dérouler sans accroc, le gouvernement donne rendez-vous fin mai pour statuer sur d’autres éléments. Notamment les possibilités de déplacement étendues entre régions et les réouvertures de bar & restaurants sur lesquels s’appuient les événements de toutes dimensions.

[M-à-J du 30/04] > Dans un communiqué du Ministère des sports, on apprend que toute compétition sportive ne pourrait se dérouler avant la date du premier aout, quelle que soit l’ampleur de l’évènement. Les jours et semaines à venir devraient donc comporter leur lot de réorganisation du calendrier dont on fera un point lorsque la situation sera claire, et stabilisée.

 

 

*Dé-confinement sous conditions

Dans tous les cas, les annonces du jour sont soumises à conditions. Outre celle d’avoir atteint les objectifs du confinement actuel quelques jours avant le 11 mai, le plan du gouvernement prévois de donner les moyens d’adapter la situation locale à la présence avérée ou non du virus.

Tout d’abord, avec des capacités de protection (port du masque), de test (pour détecter le virus en cas de doute/symptômes) et d’isolement (en quarantaine chez sois ou placé pour préserver sa famille) pour limiter la présence de porteurs au sein de la société.

Dans les faits, le gouvernement entend aussi prendre les dispositions législatives pour permettre d’établir une carte des départements à risque (rouges) ou non (verts). Les préfets et élus locaux auront alors la possibilité de prendre des dispositions pour limiter les pratiques, la notre y compris.

3 critères seront pris en compte pour indexer cette carte : le taux de nouveaux cas contaminés, les capacités hospitalières du moment, et les capacités de test suffisantes ou non. Trois indicateurs qui semblent en accord avec ce dont on peut se soucier pour savoir si l’on pratique en sécurité.

 

 

 

Que penser de ce dé-confinement ?!

Voilà pour les annonces du jour et la situation du moment. Bien entendu, tout ceci peut encore paraître incomplet, mais les initiatives évoquées en préambule de cet article porteront peut-être leurs fruits, et c’est néanmoins un progrès par rapport à la situation actuelle. En premier lieu parce qu’à partir du 11 mai, nous basculerons d’une situation de privation de liberté avec exception, à une situation de liberté avec quelques restriction possibles. Et les détails présentés ici laissent penser à un progrès qui va au delà du débat verre à moitié plein ou vide.

Ensuite, ces mesures respectent à la fois les notions de progressivité et d’indexation que l’on appelait de nos voeux. Ici, la progressivité prend une dimension spatiale plus confortable (100km, département) et répond aux attentes exprimées au travers des commentaires de nos magazines depuis plusieurs semaines. Entre les mesures pas assez restrictives en zone de forte densité, et un confinement presque ubuesque en rase campagne, nous devrions avoir droit à plus de logique. Gageons pour cela que les préfets et élus locaux préfèrent le bon sens, la connaissance et le respect au zèle et l’abus de pouvoir.

Enfin, parce que les mesures évoquées appellent une nouvelle fois à la responsabilité et le devoir de chacun. D’abord, pour consulter, se faire dépister et s’isoler si l’on devait être porteur du virus, même sans symptômes. Ensuite, en indiquant clairement les mesures prises et les indicateurs permettant d’estimer leur succès de la part de tous. Jusqu’ici, c’est clair. Espérons le davantage que la mise en place du confinement qui en avait poussé certains à faire de mauvaises interprétations. L’espoir est en tout cas permis. Et c’est toujours bon à prendre avant de retrouver nos pleines libertés. 

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