C’est la période creuse, les compétitions sont presque terminées alors c’est le retour de nos reportages “Destination Montagne”… Pour cet épisode, c’était il y a tout juste un an à la même période, Nadine et François nous emmènent dans la vallée de la Tinée lors d’une de leurs magnifiques randonnées, à VTTAE bien sûr.

 


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Le lac de Rabuons et ses voisins

Nous sommes à la fin de l’automne, la nature a revêtu ses couleurs ocre, le temps est sec et clair. La météo annonce une journée de rêve pour cette période. Et comme, ni le froid, ni la neige ne sont encore arrivés sur les Alpes Maritimes, les montagnes nous sont encore accessibles. Alors, même s’il est un peu tard dans la saison pour s’y aventurer en vélo (la météo pouvant changer très vite), toutes les conditions ce jour sont réunies pour passer une belle journée en altitude, on compte bien en profiter !

Le départ de notre itinéraire est au pied du col de la Bonnette à Saint Etienne de Tinée. Pour l’occasion, je roule avec un Trek Powerfly LT 9, un VTTAE en 160mm, moteur Bosch déjà présenté à l’essai sur VTTAE.fr.

Pas le temps de se chauffer, l’entrée du sentier est à la sortie du village. Un panneau “chasse en cours” nous inquiète un peu mais bon, faut faire avec, c’est la période (malheureusement pour les animaux et des fois pour les vttistes).

 

 

Cette première montée directe de 1300m de dénivelé est rude, raide avec une alternance de petits virages qui ne passent pas toujours sur le bike. Le petit sentier rejoint la dernière portion aérienne du chemin de l’Energie menant au refuge du Rabuons.

 

 

Ce chemin est un ouvrage d’art réalisée entre les deux guerres mondiales par la compagnie Energie Electrique du Littoral Méditerranéen. Il s’agit d’un sentier particulier puisqu’il est presque horizontal, en balcon à 2300-2400m d’altitude, dominant la vallée de près de 1300m. Long de 8km, il épouse la montagne et son relief tourmenté, alternant des passages aériens en falaise et des sites plus reposant où la prairie alpine reprend ses droits. Il part de “nulle part à nulle part”. Son but était d’acheminer le matériel pour la construction de conduites forcées au niveau des lacs d’altitude mais ce projet n’a pas été achevé.

Une fois à l’horizontal sur ce chemin assez large, nous nous dirigeons vers le Sud mais attention la chute à droite est interdite. En effet, c’est l’un des passages les plus aériens de ce sentier mais bon, c’est plus impressionnant que dangereux. Au bout, le chemin s’arrête au pied des lacs de Rabuons que nous rejoignons en 2 coups de pédales assistés.

Ces lacs sont dominés par le mont Tenibre et la cime d’Ischiator avoisinant les 3000m d’altitude. L’ambiance de haute montagne prend le dessus et on passe du monde végétal au monde minéral. Calme, sérénité, beauté… ces lieux sont magiques !

 

 

Après un bref arrêt au refuge de Rabuons (fermé à cette période), nous continuons notre montée vers le Pas de Colle Longue en roulant sur le sentier nommé “Les balcons du Mercantour”.

 

 

Après plus de 1500m de montée, le changement de batterie s’impose. Dire que nous avons tout passé en selle alors qu’en VTT, jusqu’à maintenant nous n’aurions fait que pousser ou porter !

 

 

Ensuite, nous enchaînons quelques montées et descentes dont une calade de 500m de dénivelé. Celle-ci est un pierrier qui se transforme en un empilement de rochers. Le sentier sillonne alors de dalle en dalle ! Ça secoue pas mal, mais ça passe !

 

 

Arrivée au Pas de Colle Longue, nous basculons en Italie pour faire une grande boucle. Nous traversons plusieurs vallons en passant par notamment par le Colle di Secca et son petit lac.

 

 

Après un passage aérien et une grimpette dans une pente régulière, nous atteignons l’impressionnante brèche entre la Gugglia et la Rocca di San Bernolfo à 2555m. Pour en descendre, le sentier étroit serpente à flanc de falaise, la prudence est de rigueur ! Encore une fois la chute est interdite, les premiers virages se feront à côté du vélo.

 

 

S’enchaînent alors une longue descente jusqu’au Colletto et le Lago del Laus à 1927m puis une remontée sur une vieille piste militaire terminant par un sentier jusqu’au Pas del Colle Longue. La fatigue commence à se faire sentir et nous n’avons plus beaucoup de batterie (nous entamons les derniers pourcentages de notre deuxième batterie). Nous effectuons cette dernière grimpette à l’économie et en surveillant nos compteurs de près !

 

 

Pour terminer, nous roulons à nouveau sur le Balcon du Mercantour avant de bifurquer à gauche dans la dernière, magnifique et plus longue descente de la journée vers le hameau de Douans pour enfin rejoindre par la piste cyclable Saint Etienne de Tinée, notre point d’arrivée. Nous sommes obligés de faire des arrêts de temps en temps pour refroidir les freins et soulager les muscles.

 

 

Voilà un sacré tour en montagne effectué (48km, 3000m de dénivelé) qu’on pourra refaire en ski randonnée quand les conditions de neige seront bonnes. Le parcours est technique et engagé car c’est de la montagne pure et dure ! D’ailleurs, quelques passages aériens demandent une grande prudence. Niveau consommation, nous avons vidé presque nos 2 batteries en gérant tout le long sauf dans les passages trop raides.

Nous avons eu beaucoup de chance avec la météo qui était optimale ce jour là puisque moins d’une semaine plus tard, le froid est arrivé et la neige a recouvert les sommets du Mercantour devenant inaccessibles pour une longue période aux vélos !

Pour les aventuriers, voici notre parcours en vue aérienne. Vous pouvez vous en inspirer pour faire votre itinéraire montagne… Bon ride !

 

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