Il y a tout juste un an, nous vous présentions les tous nouveaux VTTAE Powerfly 2019. Dans l’ensemble de cette gamme Trek, nous nous sommes intéressés au Powerfly LT 9, le VTTAE gros débattement en version aluminium de la marque américaine avec 160/150mm de débattement.

L’intégration a été particulièrement travaillée, les principales caractéristiques des cadres et équipements Trek sont présents, restait à voir ce que ce VTTAE donne en action. Pour ce faire, c’est Nadine qui, pendant une longue période, a scruté son comportement sur les terrains variés et engagés du Sud de la France…

 


Temps de lecture estimé : 8 minutes


 

 

Trek Powerfly 9 LT Plus

  • Destiné à l’usage Enduro
  • Roues en 27,5 pouces + 
  • 150/160mm, RS Super Deluxe & Fox 36 Perf.
  • Triangle avant & arrière Alu
  • Reach de 461mm en taille L, offset normal
  • Motorisation Bosch Performance CX, 500Wh

  • Bontrager Powerline Comp 40
  • Bontrager XR4 Team Issue, 27,5×2.8
  • Shimano XT 4 pistons, en 200/200mm
  • 7 modèles, 5 tailles, 3999€ à 7999€
  • 24,5kg, taille S, sans pédales, pneus tubeless
  • Fiche du vélo sur www.trekbikes.com

 

Dans les grandes lignes…

Pour commencer, j’aime bien donner mon sentiment sur le “look” et le choix d’équipement de mes VTTAE avant de les tester. Pour celui-ci, autant je trouve l’intégration fortement réussie, sans que le cadre soit sur-dimensionné au niveau de la batterie, autant je trouve la couleur mate “type armée” terne et non valorisante. À l’œil, ça vient alourdir la silhouette plus qu’autre chose…

 

Les Plus

 

Les Moins

 

Niveau équipement, le choix semble cohérent. Le moteur Bosch avec un groupe SRAM Eagle 12 vitesses sont complémentaires et donnent une bonne option. Les roues larges en 27.5+ sont en accord avec le débattement et le poids d’un VTT à assistance électrique. Reste à y regarder de plus près sur le terrain.

 

 

Premières impressions

Lors de mes premières sorties avec le Powerfly LT9, j’étais en montagne, à Allos, dans le Haut Verdon. Pour le premier jour, nous avons parcouru la classique descente du Col d’Allos dans laquelle j’ai pu me faire mes toutes premières impressions sur le bike. Et le lendemain, la belle et longue randonnée au lac de Lignin m’a permis de le découvrir plus spécifiquement en montée.

Durant ces premiers tours de roues, sur un terrain relativement roulant, rien ne m’a perturbé plus que ça. Le Powerfly LT m’a semblé très stable et efficace en descente. La vitesse est conservée dans les virages, il assure dans les passages techniques dans lesquels il a tendance à gommer un peu le terrain tout en restant assez réactif.

En montée, il semble avoir un comportement sein sans défaut majeur. On est bien assis dessus.

Enfin, je le trouve lourd par rapport à d’autres VTTAE et peu facile à manier quand je ne suis pas en selle – poussage, nettoyage… Et, pas de chance, première sortie, première crevaison… Pneu un peu light ou erreur de pilotage ? À voir…

 

 

Et après quelques temps

J’ai pu rouler avec le Powerfly une grande partie de l’hiver et du printemps comme si c’était mon VTTAE. Les conditions de roulage ont donc bien évolué sur cette période. Bien que ce soit l’hiver, j’ai pu me rendre en montagne, mon terrain de jeu préféré, et surtout partir à l’aventure hors des parcours classiques de VTT, comme à Allos.

Tout d’abord, je n’ai pas eu la peine d’attendre trop longtemps pour confirmer que les pneus Bontrager d’origine, assez polyvalents d’un point de vue du grip certes, ne sont pas assez solides pour rouler dans le Sud de la France. Après 5 mèches dans les pneus, j’ai remplacé ces derniers par plus lourds et renforcés.

 

À la montée...

Son comportement en montée s’est confirmé. Il grimpe très bien surtout en mode “EMTB” qui permet d’avoir une bonne motricité et de franchir les passages techniques à son niveau. Les suspensions du Trek Powerfly LT s’adaptent bien à ce genre d’exercice et permet de garder les deux roues bien au sol. Couplés à une bonne hauteur de pédalier, on ne s’inquiète pas de toucher les pédales lors des franchissements ce qui est rassurant et qui permet de garder un bon équilibre.

 

 

Toujours dans le sens de l’ascension, mais en mode “aide à la marche” pour les passages trop techniques ou trop raides, la mise à jour de Bosch pour ce mode est efficace mais… le bike est lourd. Et quand il faut le soulever ou le faire pivoter, on le sent vite.

 

 

De plus, le système de “Knock Block”, empêche d’avoir un angle suffisant de rotation de la direction pour pouvoir le manier à pied comme on le souhaite. En effet, quand on doit le faire tourner sur lui même lors d’un poussage compliqué, la fourche se bloquant sur le cadre à partir d’un certain angle, on a un peu l’impression d’avoir un vélo de DH avec une double T. Et comme le poids d’un VTTAE est conséquent, ce type de passage devient vite une séance de musculation. Par contre, ceci ne se ressent pas au pilotage.

 

À la descente...

Sur les singles roulant à faible ou grande vitesse, sur les terrains accidentés, dans les grandes courbes, le Powerfly LT 9 plus assure un maximum. Il est collé au sol, absorbe les chocs dans le technique. Et comme il assure,  il rassure !

 

 

Par contre, quand on emprunte un petit single étroit et sinueux avec des courbes fermées, le Powerfly LT 9 plus perd de son charme. On a l’impression de tourner avec un gros vélo. La roue arrière est plus souvent en dérapage qu’autre chose et on perd en vitesse. Peut être faut-il davantage lui rentrer dedans – comme on dit… Encore faut-il en avoir le gabarit/les moyens.

Enfin, j’ai pu également constaté, qu’au niveau freinage, les Shimano XT 4 pistons sont précis et efficaces. Le système “ABP” apporte de la stabilité supplémentaire bien agréable, c’est assez remarquable pour être souligné.

 

 

Pour qui ? Pour quoi faire ?!

Son domaine de prédilection est la pratique de l’Enduro pure et dure et les singles bien tracés comme dans les stations de montagne. Il montrera toute sa valeur, encaissera dans le technique et vous permettra d’atteindre vos objectifs en montée. Un pilotage appuyé et engagé ne l’inquiétera pas, bien au contraire.

Toutefois, si on le sort des sentiers battus, qu’on part découvrir la montagne, qu’on pilote en finesse, il devient plus encombrant et moins agile. Son poids et sa maniabilité à pied ou dans les virages serrés seront moins agréables à passer qu’avec d’autres VTTAE.

Cependant, pour la pratique de la plus part des pilotes débutants à confirmés ou compétiteurs acharnés, le Powerfly LT 9 Plus répondra à leurs attentes pour des randonnées simples pour les premiers et pour assurer à grande vitesse en compétition d’Enduro pour les autres !

 

 

Vis à vis de la concurrence

Pour parfaire le caractère singulier du Trek Powerfly LT 9 Plus, il est intéressant de faire le parallèle avec d’autres vélos passés à l’essai dans sa catégorie de VTTAE destiné à l’Enduro. Voici ceux que j’ai retenu pour l’occasion…

Vis-à-vis du Merida E-One Sixty

Passons la différence de moteur Bosch/Shimano, mais attardons-nous sur le comportement. Le Mérida également en 160mm se positionne bien mieux en terme de polyvalence. Il est moins lourd, plus agile et joueur mais demandera peut être plus de précision au pilotage. Bien qu’étiqueté Enduro, il a un vrai champ d’action en All Mountain. Le Trek Powerfly, lui, est plus performant en compétition et plus apprécié par les pilotes capables de gros appuis.

 

Vis-à-vis du Moustache Samedi 27 Race

Comme autre VTTAE de la catégorie, le Moustache Samedi 27 race 8 est également un sacré concurrent en Bosch cette fois-ci. C’est un excellent descendeur, très stable et joueur. Plus léger, plus maniable, plus agile dans les virages serrés également.  Par contre, il est aussi un peu plus cher à l’achat. Il faut donc mesurer l’investissement…

 

 

Verdict

Ce long test du Powerfly LT 9 plus m’a permis de le découvrir en détails dans des conditions et des terrains variés comme si c’était mon ebike. je n’ai pas adapté ma pratique en fonction du celui-ci et j’ai pu rouler à ma façon. Au premier regard, ce Trek a tout pour plaire mais quand on s’aventure dans des sentiers trop escarpés, il montre ses limites. Il est du coup très typé Enduro et conviendra parfaitement aux pratiquants qui aiment l’engagement et la compétition mais il manquera un peu de polyvalence pour ceux qui aimeraient s’aventurer hors des grands sentiers.

En tout cas, ce powerfly LT 9 est une valeur sûre qui conviendra aux pratiquants de tous niveaux. Solide et bien conçu, il permet de profiter correctement de sa motorisation et d’exploiter les avantages d’un VTTAE.

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