Vous connaissiez le Vélo Vert festival, son salon début juin, ses tests, ses animations et ses courses de VTT mais connaissez vous la version VTTAE ? 3 courses, 3 disciplines dont des Championnats de France (nouveauté 2018) et un challenge. Un beau programme en perspective pour VTTAE.fr. Nadine Sapin y était et nous raconte ses trois journées de compétition…

 


Temps de lecture estimé : 10 minutes – Photos : VV Festival/VTTAE.fr


 

Au sommaire de cet article :

 


Mon VTTAE pour cet événement

Pas facile de trouver un vélo qui puisse être performant pour faire toutes les courses. Ma priorité était d’en trouver un avec bon moteur pour les Championnats de France VTTAE XC, avec suffisamment de débattement pour l’Enduro, bien équipé et qui pédale bien pour le All Mountain.

Alors quand Lapierre m’a proposé son Overvolt AM 800 Carbone avec 150mm de débattement, son moteur Bosch performance CX, sa transmission XT et son cadre carbone, j’ai saisi l’occasion de le tester sur cet événement.

 

 

Récupéré au stand Lapierre le vendredi matin juste avant l’ouverture du salon, j’ai eu moins d’1 heure pour le préparer (réglages des suspensions, du poste de pilotage, changement de roues pour en avoir des plus légères…) afin d’être prête pour la première épreuve qui commençait à 10h. Impeccable !

 

 


1er jour (vendredi), l’Enduro

30km, 5 spéciales et 1400m de D+/D- sont au menu, avec pas moins de 5 ravitaillements… Impossible donc de faire une hypoglycémie ! Tout semblait parfait pour une belle journée de ride et se fut le cas. Seul bémol, les VTTAE et les VTT sont mélangés. Il n’y a pas de départ, ni de parcours particulier pour les VTTAE, c’est un peu dommage.

Et en effet, le départ a été un peu compliqué pour nous car l’organisation avait demandé aux coureurs de partir par vague de numéros pour la première liaison mais cela n’a pas été respecté. Tout le monde s’est présenté en pagaille au départ au milieu du salon et l’attente pour partir fût un peu longue. Cette pagaille s’est également présentée lors de la 1ère spéciale car tous les niveaux étaient mélangés. Ça s’est donc un peu bousculé dans la 1ère descente, rendue bien glissante par le gros orage de la veille.

 

 

Mais pour la suite, les 4 autres spéciales, le terrain a vite séché, l’ordre s’est établi de lui-même. Les VAE, plus rapides sur les liaisons, partaient, en général, les premiers. Le départ était donné par 2 à 30 s d’intervalle. Restait plus qu’à prendre plaisir et à se tirer la bourre avec son binôme.

Les tracés étaient très ludiques, sans grandes difficultés. J’ai été agréablement surprise d’ailleurs. C’est un bel Enduro autour de la station, à la portée de tout le monde ! Les liaisons bien raides, sillonnant les pistes de ski, s’enchaînent beaucoup mieux avec l’assistance qu’en poussant un VTT. C’est le vrai plus du VTTAE sur ce type d’épreuve.

 

 

Aux avant-postes, Camille Servant (Rocky Mountain) et Olivier Giordanengo (Mavic Lapierre) se sont tirés la bourre mais c’est Camille qui remporte l’épreuve. Chez les Dames, nous n’étions que deux, je termine devant Caroline Millet (Millet Racing).

Sur cette épreuve d’Enduro, l’Overvolt était idéal. D’une simplicité déconcertante, on se sent bien dessus de suite, pas la peine de connaitre ce VTTAE pour pouvoir prendre plaisir. Il est joueur, rassurant, bien posé, c’est vraiment agréable !

Après l’Enduro qui s’est terminé vers 15h, la journée n’était pas finie ! En effet, il a fallu reprendre le bike pour aller reconnaître le tracé XC du dimanche (possible uniquement de 17h à 19h vendredi et samedi).

Ces reconnaissances étaient importantes car il fallait voir les passages techniques, reconnaître quelles sont les meilleures trajectoires et notamment celles qui nous conviennent le mieux et en quel mode.

Enfin, il fallait estimer la consommation de la batterie en exploitant au maximum les watts de son moteur. Au programme annoncé pour dimanche, 5 tours (tour de 4,2km et 200m de D+) pour les dames et 6 tours pour les hommes. Et d’après cette première reconnaissance, ce sera difficile de tout faire en Turbo du début à fin, il faudra la jouer stratégique…

 

 


2ème jour (samedi), la course XC All Mountain

42km, 1350m de dénivelé ! Autant dire de suite qu’il faut également gérer sa batterie !

Cette fois-ci, la centaine les VTTAE part ensemble et nous avons un parcours spécifique. Nous ne rencontrerons que quelques VTT sur les derniers kilomètres communs avec le XC marathon. C’était parfait pour tout le monde.

Pour cette épreuve, j’ai baissé le poste de pilotage de l’Overtvolt pour être plus en position XC et mis un pneu plus roulant à l’arrière. Avec ses 150mm de débattement, le Lapierre a est bien polyvalent configuré ainsi. Je ne me fais pas de souci.

 

 

Là aussi, je suis très agréable surprise par le parcours. Il y a certes quelques passages sur route et piste mais il est très bien proportionné et agréable à rouler, excepté un sacré bourbier avant le premier ravito. Nous enchaînons une succession de beaux petits sentiers sur un terrain bien vallonné dans les forêts verdoyantes du Vercors. C’était splendide et très sympa à rouler.

La course porte bien son nom, c’est du pur All Mountain. En VTTAE, sur cette épreuve, il faut bien surveiller sa consommation pour aller jusqu’au bout sans mauvaise surprise. J’ai tout fait en Eco/Tour et les passages techniques en eMTB. Ne connaissant pas le parcours, j’avais compté 9km pour 300m de dénivelé par barrette (5 barrettes en tout) et je m’y suis tenue pour ne pas tomber en panne.

 

 

L’organisation avait cependant surestimé le tracé qui n’en faisait que 40km et 1100m de dénivelé. Je termine donc avec ¾ d’une barrette pleine. Et zut, j’aurai pu accélérer sur la fin. C’est tout de même un sacré effort quand on joue le chrono et ça risque de se faire sentir le lendemain. d’autant que rebelote après la course, il faut aller reconnaître une dernière fois les Championnats de France après 17h.

Pour les résultats, Titouan Perrin-Garnier (Focus MTB Racing Team) gagne chez les hommes et je termine première féminine (14ème scratch).

 

 

 

3ème jour (dimanche), Championnats de France

Auparavant nommé “l’Electric Race Lapierre”, cette épreuve est maintenant désignée comme les 1ers Championnats de France XC en VTTAE.

Après un bon petit déjeuner et une dernière préparation/vérification du vélo avant 10h, direction le contrôle technique par les commissaires UCI (circonférence des roues enregistrées, diagnostique moteur…).

On nous annonce que le parcours est réduit à 5 tours au lieu de 6 pour les hommes car le terrain est devenu très glissant avec l’orage de la veille et par contre, pour les dames, elles, elles restent à 5. Chercher l’erreur…

Nous récupérons nos VTTAE vers 11h30 pour un départ annoncé à 12h. Je pensais donc pouvoir me chauffer les cuisses dans ce laps de temps mais pas du tout, tout le monde se met en ordre de départ. Et bien, tant pis pour l’échauffement !

Tous les pilotes sont mélangés : hommes/femmes, crosseurs/enduristes, professionnels/amateurs, jeunes/anciens jeunes ☺, tout en respectant une certaine hiérarchie. L’ambiance est assez décontractée pour beaucoup mais on sent que les “vrais” crosseurs n’ont pas la même vision de la course. C’est à peine s’il te dise bonjour… No comment…

 

 

Enfin, bon c’est en mode détendue, déterminée et un peu fatiguée que je me présente sur l’aire de départ. J’ai mes repères pour ma batterie. J’ai bien passé tous les passages techniques aux reconnaissances. Je suis très bien et en confiance sur cet Overvolt configuré pour l’occasion en mode XC. Il n’y a plus qu’à…

12h c’est le départ en mode entonnoir !

 

 

Il fallait s’y attendre, nous sommes en fil indienne 50m après la ligne le départ et cela bloque dès le premier passage technique, sur des racines glissantes au bout de quelques minutes de course. Je me retrouve derrière des pilotes qui passent à pied.

Tous ceux qui suivent sont donc obligés de faire de même. Le problème, c’est qu’une fois à pied avec les 22kg à pousser sur un terrain glissant et raide, c’est vraiment pas facile de doubler surtout pour une femme. C’est pareil dans les pédalages en montées pentues, même en mode Turbo. Je suis complètement coincée car le reste du parcours est très étroit et glissant, impossible de passer sur les côtés et on ne te laisse pas passer non plus, même en demandant 15 fois. La course, c’est la course.

 

 

Du coup, lors du premier tour, je me retrouve loin de la féminine en tête qui a fait un bien meilleur départ. Cela m’enlève tout le stress et je n’ai donc plus rien à perdre que de pédaler au mieux. Par contre, je sais que j’ai un peu économisé ma batterie dans les 2 premiers tours et donc je suis bien pour finir en exploitant à fond celle-ci. C’est d’ailleurs ce qui me rassure par rapport à la tête de course car eux vont devoir diminuer de mode pour terminer.

Tout peut donc encore changer. Ce n’est pas parce qu’on a l’impression d’être bien en début course qu’on le sera encore à la fin si le parcours nécessite une gestion de la batterie, rien n’est gagné, rien n’est perdu !

 

 

A la fin du deuxième tour, j’arrive enfin à me dégager des bouchons. Et à ma grande surprise, j’ai récupéré tout mon temps sur la 1ère féminine au début du 4ème tour. Je ne tarde pas à la doubler. Reste maintenant à gérer jusqu’au bout.

La fatigue commence à se faire bien sentir. Je n’arrête pas de faire des fautes de pilotage. L’effort est intense, le cardio à bloc, j’accuse aussi le coup de mes deux jours de courses qui ont précédé et du manque de récupération. C’est donc en serrant les dents et en ayant mal aux cuisses que j’entame le cinquième et dernier tour.

Je suis obligée de réduire l’assistance en mode “Tour” pour espérer de ne pas tomber en panne. Je passe la dernière montée raide avant de basculer sur la station mais d’un coup, plus de batterie. Je confirme donc que la dernière barrette se consomme beaucoup plus vite que les autres. C’est donc sans moteur que je termine les dernières minutes de course. Heureusement, les portions les plus physiques du parcours sont passées…

 

 

Je coupe donc la ligne d’arrivée sous les cotillons multicolores. Je suis vraiment fatiguée mais très heureuse et un peu surprise quand même de gagner.

Julien Absalon et moi-même inscrivons nos noms dans la toute nouvelle ère du VTTAE qui espérons-le va encore bien progresser et évoluer. L’Overvolt a assuré même en XC pour 150mm de débattement et des pneus en 27,5+. Pour moi, polyvalence et facilité sont les termes qui le définissent le mieux.

Le parcours était très exigeant sans moment de repos. A mon avis, le départ doit être revu pour étirer le peloton avant les premières portions techniques. Il faudrait également intégrer des montées plus longues, plus larges (pour avoir plusieurs passages possibles et pouvoir doubler même si un concurrent a mis pied à terre) et plus techniques également, où le pilotage et l’expérience font plus la différence. Il faut penser davantage VTTAE pour la conception du parcours et non VTT !

En tout cas, cette 1ère édition des CDF de XC en VTTAE était une première bien réussie et permet d’ancrer cette discipline dans le monde du vélo. Bravo au VVF et à la FFC pour cette organisation. Reste maintenant à faire de même en Enduro qui est quand même bien plus développé que le XC et à l’origine des formats de courses VTTAE !

 

 


Mon bilan de ces 3 jours

J’ai adoré ! Les 3 courses sont bien différentes et toutes sont intéressantes. Pour moi, le titre de CDF devrait se décerner à l’issue de ces 3 jours de course qui mettent en avant tout le potentiel du VTTAE et la polyvalence des pilotes. Ceux qui gagnent le challenge seraient les Champions de France. Cela encouragerait également tout le monde à faire les 3 épreuves et non se réserver pour le dimanche.

Amis ebikers, n’hésitez pas à venir tenter l’expérience l’année prochaine, c’est du très bon VTTAE…

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