Dans sa nouvelle gamme millésimée 2020, Moustache s’intéresse d’encore plus près aux pratiquants qui découvrent le VTT à assistance électrique. Pour cela, la marque vosgienne a décidé de sortir le Samedi 27 Wide, un VTTAE un peu moins sophistiqué, plus facile, avec des débattements réduits, mais équipé néanmoins du nouveau moteur Bosch Performance Line CX.

Nous l’avons testé sur une large palette d’utilisateurs… Voilà ce qu’il en ressort.

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes 


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Moustache Samedi 27 Wide 4

  • Usage Randonnée
  • Roues en 27,5 pouces
  • Pneus en 27,5 x 2.8
  • 120mm de débattement AV/AR
  • Cadre en aluminium 6061
  • Reach 409mm en taille M
  • 4 tailles (S, M, L et XL)

  • Moteur Bosch Performance CX
  • Batterie 625Wh
  • 3 modèles de 3999 à 5199€
  • Poids vérifié : 24,10kg
  • Disponibilité immédiate
  • Garantie de 5 ans sur cadre et fourche
  • Fiche technique sur moustachebikes.com

 

Première impression…

Le gros point fort de ce Moustache Samedi 27 Wide 4, c’est bien entendu son nouveau cadre en aluminium 6061 avec intégration totale de la batterie Bosch Powertube. Un cadre équipé qui plus est du moteur Bosch Performance Line CX version 2020 et de roues Moustache à roulements annulaires. Un ensemble qui n’a rien à envier aux modèles plus haut de gamme et plus sportifs de la marque.

 

Alors évidemment, pour ne pas dépasser les 4599 euros, les Chefs Produit ont dû tirer un peu sur la qualité de certains composants. C’est ainsi que l’on retrouve des freins Shimano MT 500 double pistons (seulement), qui, avec un disque de 200mm à l’avant et un de 180 à l’arrière, doivent forcément manquer de puissance pour une véritable utilisation en tout-terrain… Et que dire de la fourche RockShox Recon à ressort d’un diamètre de tubes de 32 qui paraît bien frêle sur un VTTAE de 24 kilos et trop bas de gamme pour un vélo à 4599 euros ?

 

Quant à la transmission Sram SX Eagle 12 vitesses, on peut éventuellement lui reprocher d’être un poil “légère” pour les différentes contraintes qu’apporte un VTT à assistance électrique. Bref, comme le sentiment que les qualités premières du Wide proviennent de son cadre et des performances du moteur… Que Moustache l’a voulu facile, aussi.

 

 

D’où ça vient ?

Et c’est du côté du gabarit qu’il faut se pencher pour expliquer cette première impression… Avec un reach (longueur entre l’axe du pédalier et la colonne de direction) de 409mm, un stack (hauteur entre l’axe du pédalier et la colonne de direction) de 620mm, un angle de fourche de 67,9°, mais aussi un tube supérieur assez court et très sloping (qui offre un dégagement très important au niveau des genoux), le Wide se veut très compact et donc maniable.

Ensuite, avec la douille de direction assez haute (140mm), le cintre large, mais sans plus (740mm) et les poignées épaisses, on peut dire qu’un fort accent a été mis sur le confort. De plus, la nouvelle selle Moustache très ergonomique et bien épaisse renforce le côté “Pullman” de ce Samedi 27 Wide… Bref, sur le papier, un modèle facile, idéal pour débuter et qui possède tous les atouts pour mettre l’utilisateur en confiance.

 

 

Comment ça se règle ?!

Si les plongeurs en 32mm de diamètre ne favorisent pas la rigidité du train avant, une fois le ressort comprimé au maximum et la détente ouverte à bloc, la fourche Recon 32 fonctionne à peu près.

Heureusement, à l’arrière, l’amortisseur spécifique Moustache Magic Grip Control en 120mm de débattement offre une sensibilité et un dynamisme impressionnants. De quoi faire légèrement oublier la fourche – à condition de rester plutôt assis dans les montées et de ne pas être trop exigeant en descente. Ainsi, le petit déséquilibre entre les suspensions avant et arrière reste malgré tout raisonnable.

Il faut dire que les roues Moustache tubeless ready de 27,5 pouces de diamètre montés avec des pneus Maxxis Rekon en 2.80 gonflés autour de 1,2 bar pour un pilote de 70 kilos procurent une onctuosité, une motricité et un confort bien appréciables…

 

 

Et du côté moteur, ça dit quoi ?

Grâce à sa motorisation Bosch Performance Line CX 2020, Moustache n’a pas fait les choses à moitié et a décidé de doter le Wide du moteur le plus performant et le plus puissant de la marque allemande. Destiné habituellement à une pratique sportive, ce petit moulin a été revu complètement et dispose désormais d’un encombrement et d’un poids réduits, d’un mode Turbo moins violent ainsi que d’une résistance au pédalage bien moins importante qui accroît le dynamisme tout en réduisant légèrement la consommation…

Et comme la batterie passe, elle, de 500 à 625 watts, l’autonomie pour un pilote de 70 kilos se trouve largement augmentée, avec pratiquement 1600m de dénivelé positif, 50 kilomètres et 3h45 de roulage tout-terrain en mode e-mtb sans recharger. Le e-mtb représentant le mode d’assistance “automatique” le plus simple d’utilisation et le moins énergivore chez Bosch.

 

 

Comment ça se pilote ?!

En partant du principe que le Moustache Samedi 27 Wide se destine avant tout aux pratiquants qui découvrent, non seulement le VTT à assistance électrique, mais pour certains le VTT tout court, j’ai donc confié le vélo à plusieurs personnes de différents niveaux. Et là, le son de cloche a quasiment été le même pour tout le monde, à savoir que ce VTTAE est confortable et incroyablement facile à prendre en main…

Exactement ce que je me suis dit lors de mon premier roulage avec le Wide ! De prime abord, avec la longueur importante de la douille de direction, on a l’impression que le poste de pilotage est vraiment trop haut et il est vrai que l’on est un peu assis dans une position “pépère”. Une sensation renforcée par la largeur et l’épaisseur de la selle… Mais une fois au guidon, passée une courte période d’adaptation, tout le monde finit par s’habituer et même à y trouver son compte. Il suffit pour cela d’adopter un style de pilotage plutôt rando, de rester assis davantage et de profiter au maximum des pneus en 27,5+ en 2.80 qui aident à gommer les petites aspérités du sol que l’on rencontre régulièrement en tout-terrain.

Alors bien sûr, pour les sportifs confirmés qui sont habitués à une position plus allongée, à un cintre large de 780mm minimum et à une selle dont l’épaisseur de mousse se résume à celle de la peau de chamois de leur cuissard, au début, ça choque un peu ! Mais pour les autres à qui ce VTTAE est destiné – et ils sont nombreux – n’oublions pas que tous ces côtés un peu perturbants pour l’amateur éclairé sont au contraire un gage de bien-être et une sensation de sécurité pour le néophyte.

 

À la montée

Une fois le Wide réglé pour chacun de nos testeurs et le premier vrai tour de VTT effectué, les avis sont pour la plupart unanimes et les qualités de confort, de maniabilité, de motricité, bref, globalement de facilité sont à chaque fois soulignées avec enthousiasme.

 

 

“Je pratique régulièrement le VTT, mais je ne suis pas une pilote. Seulement avec le Wide, j’ai senti que le vélo m’aidait de manière significative à franchir des portions un peu plus techniques. Il y a, par exemple, une montée glissante avec des petites marches, des pierres et des virages que j’ai toujours eu du mal à passer en électrique et que j’ai réussie deux fois de suite avec une certaine aisance… Pour moi, c’est un signe et c’est bon pour le moral ! Et en descente, il n’y a rien à redire. En dépit des débattements réduits, je me suis sentie à l’aise.” – Laurence

 

En descente

De même, le package pneus en 27,5+/cadre sloping/poste de pilotage haut a permis à certains de se lancer sur des sentiers où ils n’avaient jamais osé s’aventurer. Y compris dans des descentes relativement difficiles.

 

 

“Même si bénéficier des conseils avisés d’un mec comme Chris aide à franchir quelques paliers, rouler sur un VTTAE aussi facile à prendre en main ne gâche rien non pluse. Si l’on sélectionne le mode d’assistance e-mtb du Bosch et que l’on choisit ses braquets convenablement, il n’y a quasiment aucun à-coup dans la manière dont le moteur délivre la puissance. C’est surprenant de facilité et l’on se sent vraiment en confiance dans les montées et les descentes – y compris celles qui commencent à devenir techniques.” – Fabrice

 

C’est d’ailleurs bien la grande qualité du Wide : être capable d’amener progressivement les débutants ou les pratiquants occasionnels sur des chemins un peu plus techniques que les grandes pistes forestières…Et tout cela sans avoir l’impression de dépasser ses limites.

 

À l'attaque

Quant à moi, avec mon expérience du VTTAE plus sportive, plus engagée et plus typée “Enduro”, au début, j’ai dû évidemment oublier temporairement certaines habitudes et me concentrer davantage sur le pilotage en douceur que sur la prise d’angle.

Réapprendre le comportement moins précis et plus confortable du 27,5+, m’adapter à un poste de pilotage plus haut et rouler moins à l’attaque, plus souple, pour ne pas aller au-delà des limites imposées par une fourche en 120 de qualité moyenne et un freinage qui manque tout de même d’un peu de mordant dès que la pente devient plus raide…

 

 

Mais une fois tout cela pris en compte, je peux vous affirmer que je me suis tout de même bien fait plaisir au guidon de ce Moustache Samedi 27 Wide 4. J’ai d’ailleurs le souvenir très frais d’une sortie humide avec des cailloux, des racines et des dalles hyper glissantes où je me suis régalé à tout passer sans mettre le pied, tout en souplesse, en e-mtb, avec un pédalage bien rond et une vitesse de jambes assez importante. Et dans les descentes, même les plus cassantes où le Wide n’a pas vraiment sa place, les 120mm de débattement de la suspension arrière et le fonctionnement irréprochable du nouvel amortisseur Moustache Magic Grip permettent déjà de bien se faire plaisir.

En souplesse, encore une fois, mais sans que le vélo semble vraiment dépassé par les événements, alors que son programme ne prévoit pas forcément de l’emmener aussi loin dans la difficulté…

 

 

Pour qui ? Pour quoi faire ?

Cet essai a eu le mérite de remettre l’église au milieu du village. De réaliser que, pour une majeure partie des pratiquants allant du débutant au randonneur sportif, un VTTAE facile, maniable, confortable et sécurisant constitue certainement la monture idéale.

Celle qui permettra – dans la limite du raisonnable, bien sûr – de passer partout, mais aussi de progresser à son rythme sans “subir” les exigences d’un modèle plus sportif, donc plus rigide et surtout plus exigeant. Merci Moustache pour cette expérience intéressante qui donne vraiment à réfléchir…

 

 

Qu’en penser ?

Que pour moins de 4000 euros (le prix du premier modèle de la gamme), on dispose d’un vrai VTTAE qui offre la possibilité de débuter et de progresser au guidon d’un engin facile qui bénéficie de toutes les qualités que l’on est en droit d’attendre d’un modèle à assistance électrique moderne…

Que le cadre, la géométrie, la suspension arrière, l’intégration de la batterie, le moteur et le design n’ont clairement rien à envier aux VTTAE plus haut de gamme et plus sportifs…

Que la base ultra saine permet d’envisager sereinement d’améliorer les performances du Wide en l’équipant éventuellement d’accessoires encore plus adaptés à la pratique du vrai tout-terrain… Cependant, il faut bien reconnaître qu’à l’usage, même en se montrant un poil difficile, la fourche, les freins, les pneus et le poste de pilotage ne présentent nullement une gêne pour pratiquer le VTTAE de manière raisonnable. Car finalement, ce sont le confort, la vivacité, la motricité et le côté facile du Moustache Samedi 27 Wide qui ont séduit nos différents testeurs des deux sexes. Grâce à eux, nous avons encore mieux réussi à saisir la philosophie de ce modèle accessible et sa place dans la gamme Moustache.

Une fois de plus, la marque vosgienne nous montre qu’en tant que spécialiste de l’électrique, sa vision globale du VTTAE est on ne peut plus juste. Qu’elle colle aujourd’hui parfaitement à tous les pratiquants… du débutant au champion de France ! Alors finalement, ce Wide ? Le vélo idéal pour une première expérience en VTT à assistance électrique et pour ensuite progresser.

 

 

Vis-à-vis de la concurrence ?

On pense ici à deux modèles en particulier, le Giant Stance E+ et le Sunn Gordon S1, même si leur finition et leur motorisation ne sont pas au niveau du Moustache Wide. Ce qui justifie la légère différence de prix avec le Wide 2, premier modèle de la gamme, mais tout de même un peu plus cher que ses concurrents.

 

Vis-à-vis du Giant Stance E+

En parlant d’eux, lors d’un précédent test, nous avions bien aimé le Giant, qui, avec ses roues en 27 et demi et ses pneus Maxxis Rekon en 2.80, se rapproche de la philosophie du Moustache. À savoir, une ambition de proposer un vrai VTTAE tout-suspendu à un tarif à peu près abordable.

Le Stance est cependant moins bien en suspension arrière et un peu moins efficace en montée que le Wide. Et puis son moteur, le SyncDrive Sport, n’est pas tout à fait aussi perfectionné que le Bosch…

En revanche, si la fourche est du même niveau – c’est-à-dire très moyen -, les freins du Giant sont supérieurs, avec des étriers 4 pistons et des disques de 200mm à l’avant et à l’arrière. Bien !

 

Vis-à-vis du Sunn Gordon S1

Quant au Sunn, on peut regretter qu’il ne soit pas monté en 27,5+ en lieu et place du 29 pouces de série… Du coup, la “fameuse” RockShox Recon semble encore moins adaptée. Ce qui renforce un peu plus l’idée que le Wide ne dispose pas de la fourche qu’il mérite…

Et puis, comme sur le Giant et son SyncDrive Sport, le moteur Shimano E-7000 du Gordon S1 n’est pas le modèle le plus haut de gamme de la marque. Dans ce registre, le Wide et son Performance Line CX est donc bien mieux loti. Et puis grâce à son gabarit et à sa géométrie réussie, le Moustache est également plus adapté à une pratique en vrai tout-terrain.

 

 

Conclusion

Pour conclure, précisons que le Moustache Samedi 27 Wide se décline en trois versions… En plus du Wide 4 de notre test à 4599 euros, on trouve également un modèle à 3999 euros (le 2) et un à 5199 euros (le 6).

Le moteur, le cadre et la suspension arrière restent les mêmes sur les trois machines et il n’y a finalement que la qualité de certains composants qui change légèrement. Sans oublier, bien sûr, la batterie de 500 watts seulement (au lieu de 625) qui équipe le Wide 2, plus abordable.

C’est d’ailleurs ce qui est intéressant avec ce petit Moustache en 120mm de débattement : il est enfin possible de trouver sur le marché un vrai VTTAE avec batterie intégrée, moteur haut de gamme et tige de selle télescopique sous la barre des 4000 euros. Bien joué !

 

“Contrairement à ma première expérience en VTTAE, celle avec le Moustache Wide m’a carrément donnée envie de franchir le pas et de m’y mettre pour de bon. Il me fallait juste un vélo facile, maniable et pas trop cher… Je crois que je l’ai trouvé !” – Philippe

Article lu 34 796 fois. Merci !