Depuis sa présentation l’an passée, le Rocky Mountain Altitude Powerplay se paie une réputation hors pair : celle d’être le VTTAE actuel offrant des sensations de pilotage les plus proches de la pratique VTT traditionnelle… 

D’accord, mais jusqu’à présent, je n’avais pas encore eu l’occasion de mettre la main dessus, et encore moins de comprendre d’où ça pouvait provenir. C’est désormais chose faite en profitant du lancement des millésimes 2019, et cette nouvelle Rally Edition dédiée à la pratique de l’Enduro…

 


Temps de lecture estimé : 8 minutes


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Rocky Mountain Altitude Powerplay Carbon 90 Rally Edition

  • Destiné à l’usage All Mountain / Enduro
  • Roues en 27,5 pouces, pneus Wide Trail
  • 150/160mm, Fox Fact. X2 + 36 E-bike GRIP2
  • Triangle avant & arrière carbone
  • Reach de 452 à 464mm en taille L,
  • Motorisation Powerplay, 632Wh interne
  • 45km & 1200m D+ env. Trail / i3 perso

  • Race Face ARC 35, 35mm
  • Maxxis 27,5×2.5 WT, Minion DHF & Agressor
  • Shimano Saint en 200/200mm
  • 3 modèles, 4 tailles, 5999€ à 8399€ (Rally E.)
  • 22,64kg, L, sans pédales, pneus tubeless
  • Dispo mi-septembre 2018 
  • Fiche du vélo sur www.bikes.com

 

Nouveautés…

À l’oeil, le Rocky Mountain Altitude Powerplay Carbon 90 Rally Edition 2019 n’est pas à des années lumières du précédent millésime. Les évolutions se situent dans les détails, et participent à affiner la qualité des prestations du modèle lancé en grande pompe l’an passé…

 

 

Premières impressions

Au guidon du Rocky Mountain Altitude Powerplay, il y a effectivement une impression de maniabilité inhabituelle pour un VTTAE de l’ère actuelle. Elle se manifeste en premier lieu lorsque l’on cherche à faire décoller le vélo du sol : pour faire un manual au dessus d’une racine, pour sauter au dessus d’un caillou. L’assiette du vélo semble manipulable plus facilement qu’à l’accoutumée : tirer sur le guidon ne brise pas les reins, faire repiquer le vélo de l’avant se fait sans latence.

Durant mes premiers tours de roues sur le Rocky Mountain Altitude Powerplay, je retrouve aussi beaucoup du caractère découvert à l’essai des Rocky Mountain Slayer et Instinct BC l’an passé. Notamment un vélo qui n’hésite pas à se tasser de l’arrière, procurant adhérence, confort, mais aussi dynamisme et une fois de plus facilité d’usage lorsqu’il s’agit de prendre l’initiative d’un geste technique bien senti. Maniable et fidèle au caractère propre à la marque. Effectivement !

 

 

D’où ça vient ?!

Un coup d’oeil aux informations disponibles au sujet de la conception du Rocky Mountain Altitude Powerplay me permet de saisir à quoi sont dûes ces impressions, et les confirmer. Sur le papier, les côtes de ce vélo sont effectivement audacieuses pour un VTTAE… Notamment les bases, de 426mm à peine ! Tout comme l’empattement – 1206mm en taille L – et le reach – moins de 460mm en moyenne dans la même taille. Petit vélo ?! 

Côté suspension, le concept est très proche des Altitude et du Instinct BC traditionnels, peu de chance donc de trouver des courbes radicalement différentes… Et logique donc de retrouver cette identité Rocky Mountain basée sur des valeurs d’Anti-squat et d’Anti-rise plus basses que la moyenne, et un ratio très élevé au départ, très bas en fin de course… En somme, une suspension très libre, sensible et peu figée dans ses mouvements, qui participe à l’impression de dynamisme ambiant.

 

 

Comment ça se règle ?!

Cette essai finit par me démontrer que le comportement de la suspension n’est pas le paramètre principal favorisant la maniabilité du vélo. En côte, lorsque la pente forcit et que l’on doit garder une niveau élevé d’assistance pour franchir : le vélo peut avoir tendance à s’affaisser, tanguer un peu, ne pas offrir une assise aussi stable que certains concurrents.

Je préconise de freiner les compressions de l’amortisseur pour y remédier. Les basses et hautes vitesses de concert, une partie de l’assiette du vélo passant clairement dans les hautes, aussi. Peut-être même conserver les basses vitesses 3 à 5 clics plus ouvertes pour garder un grip et une sensibilité excellente.

“Du All Mountain très vif à l’Enduro plus racé”

L’ensemble Fox qui équipe ce Rocky mountain Altitude Powerplay Carbon 90 Rally Edition se prête totalement à cet exercice. Y compris la fourche, qui oeuvre en harmonie avec l’amortisseur. Très bonne prestation. La meilleure de ce couple haut de gamme qu’il m’ait été donné d’essayer.

Pour le reste, le Rocky Mountain Altitude Powerplay offre jusqu’à 9 positions de géométrie différentes. D’un extrême à l’autre, on sent bien le passage d’un vélo typé All Mountain très vif, à une monture plus typée Enduro, plus basse et stable. 4 à 6 clics de compressions à l’amortisseur et à la fourche permettent de s’accorder à la répartition des masses différente que ce changement implique. Je conseille de partir de la position neutre pour juger dans quelle direction s’orienter.

RéglagesAvantArrière
SAG30%30%
DétentesMilieu de plage à 2/3 ouvertesmilieu de plage à 2/3 ouvertes
CompressionsHV = mi-plage
BV = +5 clics ouverte
HV = mi-plage
BV = +7 clics ouverte
Tokens/calesd'origined'origine
MotorisationNiveaux d'origineMode intermédiaire principalement

 

 

Comment ça se pilote ?!

Dans tous les cas – on l’aura compris et démontré – le Rocky Mountain Altitude Powerplay est bien punchy, dynamique, joueur, maniable… Il faut donc nécessairement le piloter en conséquence. Petit et dynamique, la meilleure chose à faire consiste à rester dynamique à son guidon : tirer, sauter, pousser, virer, pumper… Car même en position de géométrie n°1/Slack/Enduro, le reach qui se raccourcit réduit la plage de mouvement pour ajuster le tir. Il faut être fin, précis !

De cette manière aussi, on évite d’avoir à faire face aux moments rapides, où l’on peut avoir tendance à laisser filer. D’une : le vélo taillant petit, il a tendance à nécessiter un gainage important pour le tenir dans ces conditions. De deux : sans fermer les détentes (et tuer un peu le dynamisme du vélo) il raquette parfois à très haute vitesse, autant donc prendre les devants.

 

 

Pour qui ? Pour quoi faire ?

Ces dernières constatations me poussent donc à conseiller ce vélo aux pilotes passionnés et avertis en premier lieu, qui ont un feeling et une envie de bien faire au guidon d’un vélo : pour le régler en premier lieu… Puis pour en tirer pleinement parti ensuite. À ce niveau, pas de déception, on peut en avoir pour notre argent !

Dans quelles circonstances ?! Pour rouler à la canadienne pardi ! D’accord, ça parait facile à dire pour un Rocky Mountain originaire de là-bas, tout comme peu compréhensible de prime abord… J’entends par-là de faire usage du Rocky Mountain Altitude Powerplay pour faire la chasse aux sentiers techniques et sinueux, quelle que soit l’ampleur du massif où ils se trouvent…

 

 

Vis-à-vis de la concurrence

En ça, le Rocky Mountain Altitude Powerplay me fait penser au Specialized Turbo Levo essayé par le passé… Ils partagent leurs intentions d’être proche de la pratique traditionnelle. En ce sens aussi, le Rocky Mountain Altitude Powerplay fait partie de la tendance à laquelle participe le nouveau Giant Trance SX E+ essayé récemment.

À ce petit jeu, le Canadien est plus compact que le Taïwanais peut-être aussi moins stable à haute vitesse. Il ne faut pas oublier le reach et l’empattement courts du Rocky Mountain Altitude Powerplay qui comptent dans son bon comportement, mais montrent aussi leurs limites quand il faut aller très vite, lors d’une pratique Enduro engagée à laquelle il se destine.

Pour le reste, une autre synthèse intéressante consisterait à dire que le Rocky Mountain Altitude Powerplay a la direction facile et légère du Focus SAM2… Tandis qu’il dispose d’un train arrière facile à décaler/placer comme sur le BMC Trailfox AMP, tous deux essayés récemment.

 

 

L’assistance ?!

Avant de conclure, petite appartée sur l’assistance électrique propre à ce Rocky Mountain Altitude Powerplay. Avec une telle technologie propriétaire, les occasions sont rares de qualifier son fonctionnement.

Je confirme tout d’abord l’impression de réactivité mise en avant lors de sa présentation. Elle concurrence celle mise en évidence au guidon des dernières générations de VTTAE Giant plébiscitées sur ce point.

La puissance me semble par contre délivrée de meilleure manière : suffisamment présente à bas régime pour ne pas paraître creux, puis régulièrement présente jusqu’à haute cadence. Remarquable et en accord avec le silence du moteur. 

Moteur… J’insiste parce que le système en lui-même n’est pas silencieux. Les galets présents sur le parcours de la chaîne sont les seuls à se faire entendre. Ce n’est pas d’un volume plus important que certaines motorisations concurrentes, c’est donc dans la bonne tendance, mais c’est presque dommage tant le moteur, lui se fait oublier.

Tout comme la nouvelle commande, une fois les codes couleurs appris. Leur signification n’est pas forcément intuitive la première fois, mais rien à dire ensuite. On pourrait d’ailleurs apprécier que la traduction des codes couleurs soit une information disponible dans l’application Ebikemotion qui accompagne le vélo…

Parce que c’est bien le seul reproche que je puisse lui faire au cours de cet essai. Pour le reste, tout fonctionne le plus simplement du monde,du jumelage de l’appareil à l’affichage de nombreuses données toujours exprimées clairement… La personnalisation des niveaux d’assistance et le mode technique offrent notamment plusieurs options et informations intéressantes et utiles.

 

 

En conclusion

Il est l’heure de conclure après cet essai du Rocky Mountain Altitude Powerplay Carbon 90 Rally Edition. Question fatidique : pourquoi voudrais-je le conserver ?! 

“Parce que le Rocky Mountain Altitude Powerplay est effectivement à la hauteur de sa réputation de VTTAE le plus maniable de l’ère actuelle. Après avoir cerné ce qui lui procure ce caractère et ses quelques limites, il poursuit la bonne impression que j’ai du caractère de la marque, et s’inscrit parmi mes références du moment. Beau boulot !”

 

 

Positionnement & usage

En synthèse, le tableau de positionnement et d’usages permet, en un seul coup d’oeil, de saisir les capacités du vélo. (rafraîchir la page si le tableau ne s’affiche pas)


Comparer à celles des autres vélos à l’essai permettra de répondre à l’éternelle question > que vaut-il par rapport à d’autres ?! Rendez-vous prochainement sur la page du Comparateur d’essais VTTAE.fr pour en savoir plus…

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