Depuis sa présentation en juillet dernier, le Lapierre Overvolt avec l’ensemble, batterie et moteur, Shimano intégré attendait de voir définitivement le jour.

Pour son lancement, huit mois plus tard, Lapierre voit les choses en grand. Nous voici embarqué dans une aventure méditerranéenne aux airs de classe de neige. Une expérience hors du commun. Une histoire rare remplie de souvenirs.

L’occasion surtout de prendre en main, trois jours durant, le Lapierre Overvolt Shimano AMi 727 dans sa version définitive. Connaissant son positionnement au sein de la gamme Lapierre Overvolt, c’est l’opportunité de désormais connaitre ses limites et de définir sa plage d’utilisation. Nous livrons nos premières sensations au travers du récit de cette jolie aventure.

 


Temps de lecture estimé : 10 minutes – Photos : S. Candé pour LP/VTTAE.fr


 

Au sommaire de cet article :

 

Classe de neige et prise en main

Le message est clair et très simple : “RDV au port de Toulon, lundi 18h, c’est en France mais pas en France”. Voici l’invitation que Lapierre nous a lancé avec une pointe de mystère sur la destination…

C’est ainsi que fin février on embarque, direction Ajaccio. Je quitte alors le froid et la neige du continent, heureux de pouvoir profiter des rayons de soleil corse. Mais c’est sans compter sur la vague de froid qui s’abat sur la France cette semaine là…

Bref, on embarque dans le ferry. Une fois installé à bord, Gilles Lapierre en personne, en profite pour nous présenter le Lapierre Overvolt Shimano AMi définitif qui nous amène ici, et qui nous amènera aussi plus loin dans les montagnes corses.

 

 

Lapierre Overvolt Shimano AMi 727

Après une nuit agitée par la houle, direction la cale du bateau pour retrouver, étiqueté à mon nom et préréglé, l’Overvolt Shimano AMi 727 qui m’accompagnera pendant ces trois jours en Corse. Quelques tours de roues en rond dans la cale pour se dégourdir les jambes, le vélo me semble particulièrement court de l’avant.

Mais ce n’est qu’à l’ouverture des portes, qu’Ajaccio se découvre à nous, ensoleillé… sous 10cm de neige ! Le spectacle est fantastique, et qui plus est si rare selon les locaux. On ne traîne pas. 300m plus loin, juste le temps de déraper dans la neige, nous reprenons le bateau. Nous traversons la baie d’Ajaccio en catamaran pour éviter de la contourner par la route.

Ce n’est qu’une fois débarqué de l’autre côté que les choses sérieuses commencent. C’est parti ! On attaque l’unique montée de la journée. Un bon 800m de positif. Les premiers mètres sont humides dans la neige fondante. S’enchaînent ensuite quelques murs où la couche blanche s’épaissit.

A ce moment, je roule en mode Boost mais je perds souvent l’adhérence de la roue arrière. Est-ce l’habituel temps d’adaptation VTT/VTTAE ? Est-ce à cause de la neige ? Suis-je trop gonflé ? Le pneu manque-t-il tout simplement de grip ? Je garde ça en tête pour plus tard, pas de conclusion hâtive.

 

 

(R)échauffement !?

La neige ralentit peu à peu notre progression. On avance de deux pas, pour reculer d’un… La luge serait plus adaptée. Mais le mode Marche fait ses preuves et nous soulage alors que la couche de neige s’épaissit. Nous arrivons au col, à 800m d’altitude, trempés ! Le restaurant qui doit nous accueillir, fermé ! Notre guide opte donc pour un feu de camp histoire de réchauffer les troupes et sécher nos affaires.

La première journée se voit donc écourtée. Nous descendons directement à Porto Pollo, notre QG des jours suivants. C’est bien la première fois que j’ai fais plus de D+ que de D- dans une sortie ! Nous nous installons pendant que le staff trouve un plan B pour continuer à rouler en bord de mer, où le terrain est praticable. Finalement, j’ai juste le temps de faire une sieste que l’on repart sur les sentiers alentours.

 

 

De nouvelles limites ?

La première montée repousse les limites du VTT. L’objectif de ces trois jours, transformés en classe de neige, et bel et bien de montrer que le VTTAE repousse les limites du VTT traditionnel. Les montées les plus raides et les plus techniques sont désormais avalées assis sur la selle.

Toujours en mode Boost, dans les pentes les plus raides, dénuées de neige, les pertes d’adhérence continuent. Comme si le moteur était un poil trop nerveux, trop énergique par moment. Habitué à la motorisation Bosch, je n’arrive pas à le maîtriser.

Cependant, je trouve la position de pédalage très confortable. Le tube de selle “droit” montre son intérêt. Avec 75,5° d’angle de tube de selle, le Lapierre Overvolt Shimano AMi permet de bouger et de se positionner facilement en fonction de l’obstacle à franchir et se montre très confortable à long terme.

 

 

Toujours plus bas !

La première et dernière descente de la journée me réconforte. Autant à propos du vélo que de la journée écourtée. Loin de moi mon premier ressenti. Une fois debout, lancé, l’Overvolt Shimano AMi ne me parait plus “court” de l’avant. Je n’ai pas la sensation que je vais passer par devant. En fait, je me sens plutôt bien équilibré entre l’avant et l’arrière.

Quelques courbes et appuis mettent en évidence un aspect du vélo que j’apprécie énormément : sa stabilité et sa capacité à s’affaisser pour tourner. J’appuie sur les pédales, le Lapierre Overvolt Shimano AMi bascule et tourne avec une aisance exemplaire.

En effet, l’intégration de la batterie Shimano oblige à garder du poids dans le haut du tube diagonal, donc abaisser les masses et notamment la suspension, est un bon choix. Cette stabilité accrue qu’engendre un centre de gravité bas, s’en ressent lorsqu’il faut basculer le vélo pour tourner et lâcher les freins dans la courbe pour ne pas perdre l’adhérence.

La descente se termine, la nuit approche, nous rentrons.

 

 

L’optimisation

Comme prévu, le lendemain, nous restons sur Porto Pollo. L’occasion de modifier le mode Boost et de refaire la même montée que la veille pour comprendre ces pertes d’adhérence. Sur le moteur Shimano, il est possible de programmer le mode Boost, comme le mode Trail, sur trois niveauxLow-Medium-High. La veille en Medium, je décide de passer en Low.

La première montée approche, je valide rapidement mon choix. Je suis plus à l’aise, les pertes d’adhérence sont moins nombreuses mais toujours là. J’en conclue rapidement que le pneu y est pour quelque chose. Le Maxxis Ikon est trop peu cramponné pour assurer sa fonction ! Idéal quand c’est roulant, il montre rapidement ses limites lors des freinages appuyés et des montées très raides.

Nous continuons notre tour en direction d’une plage. L’occasion de profiter des rayons du soleil pour shooter quelques belles images, et tenter plusieurs passages engagés qui jalonnent la plage ! La faim arrivant, nous retournons à Porto Poll’ – comme on dit ici – au 20140, le restaurant qui nous fait office de cantine pendant ces trois jours.

 

 

Du nerf !

Tel Obélix, l’assiette de sanglier ne fait pas un pli. L’après-midi est consacré à répéter des passages pour la TV locale. L’occasion de perfectionner ma technique en VTTAE et de confirmer mes premiers ressentis.

Les quelques descentes en fin de journée, pour les plus vaillants d’entre nous, me permettent de mettre le doigt sur un point précis. Dans la roue de Nico “ET” Vouilloz, je remarque, en plus de son talent, que le Lapierre Overvolt Shimano AMi a du mal à sortir des grosses compressions, réception de saut, etc. La faute aux pneus Plus qui s’écrasent ? Possible. Une suspension qui manque de détente haute vitesse ? Possible aussi !

Nico roule avec l’Overvolt AMi en 29 pouces et pneu en 2.4 et confirme mon ressenti. Certes plus marqué en pneu Plus, c’est une caractéristique de la suspension. A double tranchant ! Le vélo manque de dynamisme dans ces grosses compressions mais en contrepartie il reste stable et rassurant. Tant mieux parce que ça déroule…

La preuve en images, dans la roue d’ET. Fin des hostilités pour moi, quand une pierre vient arracher le dérailleur ! Direction les stands…

 

 

A l’économie

Le lendemain, de bon matin, 1000m de D+ nous attendent ! Mais en VTTAE rien n’est comparable au VTT traditionnel. Il nous faut à peine une heure pour atteindre le sommet en mode Boost.

Pour être sûr d’être à l’heure au restaurant – et oui il y a des priorités – un changement de batterie à mi parcours s’impose. Une nouvelle fois, le moteur Shimano me semble moins économe que l’ensemble Bosch. C’est une remarque qui nécessite des mesures précises, mais c’est un ressenti qui se répète. A confirmer avec l’expérience.

Cette pause est aussi l’occasion de faire le changement de batterie soi-même. Finalement rien de compliqué. Un coup de clé pour déverrouiller le capot, il suffit ensuite de faire glisser et enrouler la batterie pour l’extraire. L’opération inverse permet d’en glisser une nouvelle. L’histoire d’une minute !

 

 

Du technique

Place maintenant à du vrai VTT” s’exclame Vincent Julliot ! Comme si jusqu’à présent nous étions resté sur les pistes. On s’attend donc à quelque chose de costaud !

Effectivement, j’ai l’impression de rouler dans un lit de rivière jonché de grosses pierres roulantes. Mais la pierre qui roule n’amasse pas mousse, restons modeste. C’est le genre de sentier très technique, où l’objectif est juste de passer sur le vélo.

Bien équilibré et en confiance sur ce vélo, j’ai tout de même le sentiment que dès que je veux sauter, tirer, survoler des cailloux, le Lapierre Overvolt Shimano AMi me rappelle à l’ordre. Comme si son terrain de jeu favori était sur terre et non dans les airs. Pourtant facile et rassurant, il ne me semble pas très joueur. Mais pourquoi donc ?

 

Une suspension qui confirme

Toujours dans ce sentier très technique, j’ai l’impression de rater mes freinages et de me faire embarquer par le poids du vélo. Encore une fois, le pneu Maxxis Ikon à l’arrière montre ses limites au freinage.

Cependant, c’est aussi la première fois que je n’appréhende pas de crever par pincement ces pneus Plus. Le Lapierre Overvolt Shimano AMi semble encaisser sans broncher les chocs rapides. Sa suspension semble plus linéaire qu’à l’accoutumée et n’hésite pas à prendre le débattement pour absorber les gros impacts…

Ces dernières sensations confirment mon premier ressenti : il s’affaisse dans les grosses compressions, et daigne ensuite réaccélérer. Tout comme il préfère rester sur terre et encaisser que jouer et sauter partout. C’est donc cette suspension qui lui confère ce tempérament posé, calme mais pas très joueur.

 

Retour à l’eau !

Non pas que Lapierre, euh… la bière coule à flots… Mais nous retournons à flot, pour retraverser la baie d’Ajaccio, sous des trombes d’eaux cette fois ! Qui comprenne me suive, ou plutôt qui m’aime me suive, parce qu’avec cette pluie il fallait en vouloir pour s’élancer dans une dernière boucle sur les hauteurs d’Ajaccio.

Mais quelle bonne décision d’avoir braver cette météo quand le soleil réapparaît une fois sur le sentier… Un sentier piéton, moins fermé et moins encaissé que ce que nous avons roulé précédemment. L’occasion de valider mes ressentis et de tirer des conclusions

 

 

Que retenir ?

Le Lapierre Overvolt Shimano AMi apporte sa pierre à l’édifice en matière d’intégration et joue intelligemment sa carte.

L’intégration de l’ensemble Shimano facilite la conception sur certains éléments clés, notamment la longueur des bases, et le vélo en ressort visuellement court. Mais elle impose d’autres contraintes comme l’obligation de garder des masses en hauteur. Les choix de Lapierre en matière de fabrication sont donc judicieux, surtout le fait de vouloir abaisser au maximum les masses pour conserver une bonne stabilité .

Plus orienté vers une pratique Enduro que son frère à batterie intégré Bosch, le Lapierre Overvolt Shimano AMi se veut accessible. Et même si ce n’est pas le VTTAE le plus joueur que j’ai roulé, il est plaisant à rouler par sa facilité et sa tolérance. Il permet quelques folies ou quelques erreurs pour plus de sensations ! Encore un fois, une histoire de goût, à chacun ses plaisirs, à chacun sa façon de piloter et d’apprécier le VTTAE…

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