“Simple et efficace”, tel pourrait être le slogan qui s’applique le mieux au nouveau Kona Remote 160.

Fougueux comme un petit pur-sang, joueur, mais vraiment facile à maîtriser, le Kona Remote 160 nous a très agréablement surpris. Sur les hauteurs de Madrid où se situait notre Press Camp, il a trouvé le terrain idéal pour s’exprimer à 100 %… et par là même nous séduire ! Impressions…

 


Temps de lecture estimé : 11 minutes – Photos : Kona / VTTAE.fr


 

 

Kona Remote 160

  • Usage Enduro
  • Roues de 27,5 pouces (compatible 29)
  • Débattement 160mm AV/AR
  • Cadre aluminium butted 6061
  • Reach 475 mm en taille L, offset 51 mm
  • Motorisation Shimano E8000, batterie 500Wh
  • Autonomie de 1500m D+ et 50km environ

 

Le Kona Remote 160

Quand Trevor Porter, le concepteur des modèles ebikes chez Kona, s’est retrouvé devant une feuille blanche pour créer le premier “vrai” mountain bike de la fameuse marque canadienne, l’idée était de se rapprocher le plus possible du comportement du Process, l’enduro sans assistance de la gamme. De concevoir un VTTAE moderne, sans fioriture, à la fois efficace et sécurisant sur le terrain tout en restant joueur.

Pour cela, j’ai étudié plusieurs pistes au niveau des moteurs“, explique-t-il. “Et finalement, c’est le Shimano qui m’a le plus convaincu. Son côté compact et facile à loger dans le châssis que nous avions l’intention de construire nous a permis de placer les masses embarquées au bon endroit et de pouvoir bénéficier d’un triangle arrière avec des bases courtes de 435 mm.” Côté géométrie, cinématique de suspension, débattement et programme du vélo, on se rapproche donc effectivement du Process. “Nous voulions également que le Remote soit robuste, assez simple dans sa conception et équipé de composants adaptés à la pratique du VTTAE dans les conditions les plus extrêmes” ajoute Trevor.

 

L’expérience du terrain...

Il faut dire que les sentiers de la Colombie-Britannique où ont été testés les divers prototypes figurent parmi les plus exigeants au monde… et que Kona nous a toujours habitué à du matériel costaud. Par conséquent, le choix d’un cadre et d’un modèle unique en aluminium 6061 n’est finalement pas si étonnant.

“Le fait d’avoir un seul vélo en 160 dans la gamme n’est pas anodin“, reprend-il. “Pour nous, il était plus important de proposer des accessoires de qualité pour une pratique VTTAE sportive, que de dépenser de l’argent dans la fabrication d’un cadre en carbone. Pareil pour la batterie de 500 watts seulement… Il nous a paru plus judicieux de privilégier la maniabilité et le plaisir de pilotage plutôt que d’alourdir davantage le vélo en sacrifiant à l’effet de mode qui est aujourd’hui d’augmenter l’autonomie… Même si pour une majorité d’utilisateurs, ce n’est pas forcément le plus important !” Une vision qui n’est pas sans rappeler le vieil adage qui voudrait que, parfois, le mieux est l’ennemi du bien…

Pour résumer notre point de vue, nous pensons que pour 6000 euros, le Remote 160 représente un bon rapport qualité/prix/plaisir de pilotage.” Simple et efficace, tel pourrait être le slogan, qui, sur le papier, s’applique le mieux au nouveau Kona Remote 160.

 

Cadre aluminium

L’utilisation de l’aluminium pour la fabrication d’un cadre de vélo étant nettement moins coûteuse que celle du carbone, cela permet d’offrir un équipement de meilleure qualité pour le même tarif. Et c’est plutôt bien vu. En effet, combien de fois avons-nous pu constater qu’il était bien plus judicieux de proposer un VTTAE en alu mieux équipé qu’un modèle en carbone monté avec des composants basiques, voire inadaptés…

Seul petit reproche sur le Remote 160 : l’absence de quelques petits accessoires ou astuces qui ne coûtent pas forcément bien chers mais qui apporteraient un côté encore un peu plus soigné au bike…

 

27,5+ et 160 de débattement

Pour davantage de dynamisme et un confort supérieur, le 27,5+ monté en pneus de 2.8 représente un excellent compromis. Et avec des suspensions RockShox en 160 mm de débattement (fourche Lyrik RC DebonAir et amortisseur Super Deluxe), en modifiant les réglages selon sa pratique, il y a vraiment tout ce qu’il faut pour se faire plaisir, aussi bien lors d’un usage rando que sportif.

Et pour ceux qui préfèrent un pilotage un peu plus radical et davantage de précision, il est important de souligner que l’espace entre la fourche, le triangle arrière et les roues est suffisant pour un montage en 29 pouces (avec des pneus en 2.5 maxi) ou même pour un panachage 29 à l’avant et 27,5+ à l’arrière.

 

Moteur et batterie Shimano

Chez Kona, pour le nouveau Remote 160, on a choisi un moteur Shimano E8000 avec une batterie de 500 watts seulement. Mais avec un tel VTTAE à la géométrie réussie et qui roule plutôt bien lorsque l’assistance se coupe, pour un pilote de 70 kilos, il y a cependant largement de quoi faire des sorties d’une cinquantaine de kilomètres et plus de 1500m de dénivelé positif… Bien suffisant dans la plupart des cas.

Kona a donc choisi de ne pas céder à l’effet de mode qui pousse les constructeurs à toujours vouloir offrir plus d’autonomie, au détriment souvent de la vivacité du vélo, qui, forcément, prend du poids… et souvent au mauvais endroit.

 

 

Prise en main

C’est donc dans les collines madrilènes et les montagnes alentours que l’équipe de Kona nous avait convié pour découvrir ce Remote 160. Quatre heures de vrai ride le premier jour et cinq le deuxième, sur des terrains différents, typés “Sud” d’abord et “montagnards” ensuite.

Largement de quoi découvrir et tester en relative profondeur ce tout nouveau VTTAE d’enduro…

 

Premiers tours de roues

Après les habituels réglages de base et quelques tours de roues sur le chemin qui mène à la villa où loge l’ensemble du staff et des journalistes, je constate immédiatement que je suis bien posé sur le vélo.

Il faut dire qu’avec un reach de 475 mm, un angle de fourche à 65° et une tige de selle à 76 qui offrent un pédalage bien au-dessus du boîtier de pédalier, on est pile-poil dans la mouvance actuelle… Celle qui, en général, ne déçoit guère !

Tout cela va d’ailleurs se confirmer dès notre premier run sur une piste tracée, certes, mais pas trop. Une spéciale en descente qui permet de prendre la mesure du bike et de constater immédiatement l’agilité et la vivacité de ce Remote 160. La bête possède un tempérament très joueur, aidé en cela par des roues en 27 et demi et des bases courtes de 435mm. Inutile de forcer ni d’amplifier le geste outre mesure pour tirer un bunny up ou un manual… Un régal.

 

Lorsque ça descend

De même, sur les enfilades de marches, dans les rochers ou les racines, les pneus en 2.8 apportent un confort non négligeable. Et comme la stabilité n’est pas en reste non plus (c’est le cas de la plupart des VTTAE, poids supplémentaire situé au plus près du centre de gravité oblige), on peut dire que l’on est vraiment en présence d’un modèle d’enduro à assistance électrique à la fois joueur, efficace et sécurisant.

L’équipe de Kona avait à cœur de nous montrer que son premier VTTAE d’enduro était une bête agile taillée pour la descente, le pari est réussi. Mais vu l’historique de la marque, en même temps, tout ceci n’est pas vraiment étonnant !

 

Un sacré grimpeur

Cependant, ce qui nous intéresse le plus sur un VTT à assistance électrique sportif, c’est évidemment ses capacités en montée et en franchissement. Et c’est en remontant notre spéciale à l’envers au lieu de prendre bêtement la longue piste roulante empruntée lors de la première ascension que le Kona s’est révélé le plus surprenant – dans le bon sens du terme.

Pourtant, au départ, avec ses bases très courtes et son moteur Shimano au caractère fougueux, j’avais un peu peur de devoir batailler fermement pour maîtriser une sorte de petit pur-sang ! Mais contrairement au Rocky Mountain Altitude Powerplay – qui possède des bases un poil plus courtes et qui a parfois tendance à cabrer inopinément dans les passages raides – le Remote 160, lui, s’est révélé particulièrement facile dans les montées les plus abruptes et les plus techniques… Racines, marches, pierres roulantes, il se joue de tous les pièges et facilite la tâche à son pilote.

Mieux, on dirait même que sa géométrie réussie et sa motricité exceptionnelle mettent carrément en valeur le petit moulin Shimano, qui, d’ordinaire, manque pourtant de couple et de souplesse. Seulement sur le Kona, on dirait vraiment qu’il a trouvé “chaussure à son pied”, si l’on peut dire, et dans la mesure où l’on prend soin de mettre suffisamment d’assistance en tournant les jambes avec une belle vélocité, aucun délestage de l’avant ou de perte de motricité n’est à déplorer. Un équilibre carrément bluffant.

De même, dans les longues montées roulantes, à 80 tours par minutes sur le mode Eco, on grimpe vite et bien sans trop puiser dans la batterie. On sent que le Shimano aime cette assistance modérée couplée à un pédalage tout en vitesse de jambes… Surtout avec un réglage personnalisé (via l’application e-tube Shimano téléchargeable sur smartphone) où nous avons placé les modes Eco et Trail en position “High” et le Boost en “Medium”. Dans ces conditions, c’est un régal !

Avec mon confrère frenchy Simon, nous profiterons d’ailleurs des quelques temps morts occasionnés par les crevaisons des autres journalistes et accompagnateurs pour nous envoyer quelques “montées impossibles”, dont certaines se sont soldées par un passage à zéro. C’est-à-dire sans poser un seul pied à terre… Intenables et infatigables, les Frenchies ! Mais bon, si nous étions venus à Madrid, c’était avant tout pour tester le vélo, hein ? Et là, on peut dire qu’on a fait le job. 😉

 

 

Qu’en penser ?

Maniable, vif et sécurisant en descente… Stable, facile et très efficace en montée… Sur le terrain, difficile de trouver des défauts à ce Kona Remote 160. Le vélo nous a beaucoup plu et pour un coup d’essai dans la catégorie des VTTAE d’enduro, on peut dire que les Canadiens ont carrément réussi un coup de maître.

Et finalement, ce ne sont que dans les petits détails de finitions qu’il y aurait quelques critiques à formuler. Comme l’absence d’un petit guide-chaîne sur le plateau (j’ai déraillé une fois et je ne suis pas le seul) ou le passage très exposé des fils qui partent de la commande à la console et de la console à l’intérieur du cadre.

Mais le plus gros bémol est à mettre à l’actif du capteur et de l’aimant positionnés à l’ancienne sur la base arrière gauche et sur un rayon… En 2020, un capteur intégré à côté de l’axe de roue et un aimant vissé sur le disque devraient être obligatoires ! La preuve, j’ai pris une branche dans la roue qui a fait tourner l’aimant et ça a mis l’assistance en panne…

Mais gageons que ces petites erreurs de jeunesse – pas très graves au demeurant – seront corrigées sur les futurs modèles à assistance électrique de la marque.

 

 

En aparté – La gamme Remote 160

Chez Kona, avec le Remote 160, le choix est vite fait puisque l’on ne trouve qu’un seul modèle dans la gamme !

Une position que la marque canadienne justifie par l’adoption d’un cadre aluminium et le montage de composants à prix raisonnable, mais néanmoins parfaitement adaptés à la pratique du “vrai” mountain bike à assistance électrique.

Pour Kona, le Remote possède donc tout ce qu’il faut pour se faire plaisir en toute sécurité… Pas plus, pas moins. Pas bête !

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