Santa Cruz remet ça ! Après le Heckler et ses deux versions, la marque californienne continue à piocher dans les noms qui ont fait sa réputation pour étoffer sa gamme de VTT à assistance électrique. Cette fois-ci donc, c’est au tour du Santa Cruz Bullit de renaitre de ses cendres. 

Et comme son nom le laisse penser, il s’agit d’un vélo fait pour engager sans sourciller. Un VTTAE d’Enduro généreusement fourni, qui n’attend qu’une chose : le pilote et le terrain pour se prêter au jeu. Lequel ? Pourquoi ? Comment ?! Présentation et prise en main pour répondre !

 


Temps de lecture estimé : 10 minutes – Photos : Santa Cruz / Max Schumann


 

Au sommaire de cet article :

 

 

La légende…

Bullit… Pour ceux qui découvrent à peine le VTT mais qui ont une certaine culture, le terme – à une lettre près – fait référence à un film culte de la culture américaine des années 70, mettant en scène Steve McQueen, sa Ford Mustang, et les rues de San Francisco.

Mais pour ceux qui baignent depuis des lustres dans le milieu du VTT, le Bullit est un autre mythe. Mono-pivot de 180mm de débattement, en aluminium, le Bullit était alors un must de la mouvance freeride. Un vélo qu’on enfourchait pour sauter les barres rocheuses quand c’était à la mode…

De nos jours, ce type d’action en fait toujours rêver certains, mais c’est sur d’autres marchés que le plus gros des ventes se fait désormais. En l’occurrence, le petit monde du VTT en connait deux : l’Enduro, et l’assistance électrique. C’est donc à ça que le dernier né Santa s’attaque.

 

 

Santa Cruz Bullit

  • Usage Enduro
  • Roues MX 27.5/29 pouces
  • 170mm, FOX 38/RS ZEB + SuperDeluxe
  • Triangle avant & arrière carbone
  • Reach 475mm en L, offset court 
  • Roues Santa Cruz Reserve, 30mm

  • Maxxis Minion DHR II & assegai, Double Down, 2.4 & 2.5
  • Sram Code RSC, 220/200mm
  • 6 modèles, 4 tailles, 7699€ à 11699€
  • 22,15 à 2,89kg en fonction du modèle
  • Dispo dès à présent
  • Fiche du vélo sur www.santacruzbicycles.com

 

Premier coup d’oeil

Le voici donc, le Santa Cruz Bullit millésime 2021. Sous ses airs, aucun doute, il fait partie de la famille ! Dans ses grandes lignes, comme dans les détails, il ne renie rien, et s’offre clairement les dernières avancées de la marque, qui continue d’approfondir, peaufiner, affiner, son concept…

 

 

Dans les détails…

On est bien d’accord, quelques lignes et détails de montage ne font pas tout. Passé ce premier coup d’oeil, il est l’heure de s’intéresser aux détails qui doivent permettre de mieux cerner le nouveau venu.

 

Suspensions & cinématique

Ici, pas de grosses surprises, mais tout de même quelques chiffres importants à noter. En premier lieu, les débattements : 170mm avant et arrière, ça aide à planter le décors. Il y a de quoi faire, et même à en revendre, quand on sait que quoi qu’il en soit, les Santa Cruz ont la réputation de se comporter comme des tapis volants.

Comme toujours, la marque souhaite garder ses secrets en matière de cinématique, mais on peut tout de même noter plusieurs choses que l’on a pu vérifier. Notamment que la courbe de ratio se prête bien à l’usage des deux types d’amortisseurs proposés : air ou ressort, les deux modèles les plus haut de gamme offrant l’option coil. 

 

Géométrie

Dans les chiffres, aucun doute non plus quant au programme auquel le Santa Cruz Bullit se destine. Vis-à-vis du Heckler, y compris MX présenté il y a peu, les données sont claires. Hormis le tube de selle qui se redresse davantage pour offrir une belle assise une fois les suspensions tassées, tout est ou plus couché, ou plus long sur le Santa Cruz Bullit : +4mm de bases, + 10mm de reach, +27mm d’empattement avant, -1.5° d’angle de direction… Voilà qui ne manque pas de creuser l’écart et doit faire la différence sur le terrain…

 

Roues & motorisation

Emporté par ces chiffres, on ne oublierait presque de parler de deux détails importants : le format des roues tout d’abord ! Le Santa Cruz Bullit fait usage du concept MX : roue de 29 pouces à l’avant, 27,5 pouces à l’arrière. Une manière d’assoir le vélo qui ne fait que confirmer le tempérament décrit jusqu’ici. Un tempérament qui ne doit pas empêcher d’atteindre les sommets pour pleinement s’exprimer.

Pour ça, on l’a dit sans s’y attarder jusqu’ici : c’est le compact, léger et dernier né Shimano EP8 qui prend place sur tous les modèles sauf l’entrée de gamme (E7000). Contrairement aux Heckler, le Santa Cruz Bullit est celui de la gamme qui embarque la grosse batterie que certains attendaient avec impatience/exigence. 630Wh d’origine Shimano.

 

 

Prise en main

Par les temps qui courent, voyager n’est pas toujours aisé. Pourtant, en ce début d’automne, j’ai pu prendre la direction de la Toscane, pour profiter de quelques jours à Garfagnana… Où ça ?! C’est un peu ce que je me suis dit en découvrant la destination. L’endroit se situe au Nord de Pise, dans les terres, entre les carrières de marbre de Carrare et le parc national des Appennins Tosco-Émilien. Le plus haut sommet culmine tout de même à 2165m et s’il était déjà poudré de neige et pris par les nuages, on a pu s’en approcher par moment.

C’est que Rich, le guide local de Ridgeline, s’est donné du mal pour nous dégotter de quoi nourrir notre appétit, tant à vélo qu’autour de l’assiette. L’endroit fait partie des spots retenus par le programme PayDirt, un fond de soutien à la création et l’entretien de chemins lancé il y a quelques temps par Santa Cruz. Manque de bol, il a plu, et fait froid par moment, mais on a quand même pu constater que les choses sont en bonne voie et que le potentiel des lieux vaut le coup de s’y investir.

Le terrain y est en tout cas fidèle à ce que l’on peut imaginer de l’Italie et de la côte Ligure non loin, du moins pour ceux qui se sont déjà aventuré dans les terres, versants Nord. Fini l’aridité, ici, les forêts de Hêtre, de Châtaignier et de Sapin indiquent que l’arrosage n’oublie pas de fonctionner. Et puisque le relief est escarpé, on y trouve tout ce qu’il faut pour former un beau terrain de jeu. Petits spots spécifiques VTT, en cours de création, sur le bas des montagnes, et traces plus naturelles/escarpées sur les hauteurs…

 

Dans son élément ?!

Naviguer entre les deux, et sentir où le Santa Cruz Bullit s’exprime le mieux ? Voilà à quoi se résume la prise en main que je rapporte ici. Quelque part, entre le vélo et moi, ça s’est un peu passé comme dans la course poursuite du Bullitt, le film. On s’épie et on s’observe d’abord, on se teste et on se cherche ensuite, avant finalement de tout lâcher !

Heureusement, la fin est plus heureuse et surtout, elle me permet de préciser ce à quoi le Santa Cruz Bullit se destine : la montagne ! C’est quand il y a de la pente, du cailloux, des rochers, des racines, des trous, des mottes d’herbe, bref, des choses à se mettre sous la dent, qu’il s’exprime le mieux. C’est là que les suspensions sont mises à profit, que la capacité du vélo à prendre et garder la vitesse s’exprime, et que les choses deviennent intéressantes…

 

Fratrie...

Surtout, c’est là que le Santa Cruz Bullit se distingue clairement du Heckler, que j’ai pu passer à l’essai en début d’année. Le premier VTTAE de la marque s’adresse clairement à une pratique All Mountain où l’appel/contre-appel est légion, où les courbes peuvent se succéder, et où les mouvements de terrains et appuis doivent être l’occasion de pousser sur le vélo.

Là où le premier s’exprime, le Santa Cruz Bullit s’ennuierait presque. Lui est fait pour les grands enchainements défoncés, là où il faut garder le cap et/ou le rythme. Ces zones un peu scabreuses où il faut pouvoir compter sur le vélo pour lisser un peu le terrain. Puis, ces longues courbes où on ancre le vélo dans la trajectoire et où on prend malin plaisir à lâcher les freins pour le sentir prendre de la vitesse.

 

... Et air de famille !

Lien de parenté oblige, les deux partagent tout de même certains traits de caractère. Le Bullit partage cette capacité des VTTAE Santa Cruz à délester assez facilement de l’arrière pour décaler la roue de quelques centimètres. C’est moins marqué, et l’usage de l’amortisseur à ressort peut aider à la manœuvre, mais c’est tout de même notable.

Tout comme quand la pente s’inverse, le Santa Cruz Bullit monte de belles dispositions pour laisser son pilote bien assis, à monter au train sans jamais délester de manière impromptue. Il m’aura fallu une trace de chèvre bien escarpée, déversante et pentue, pour en approcher la limite sans réellement m’y faire surprendre.

De quoi aller dans le sens de ce que la marque exprime au sujet de ce vélo : pensé pour faire des sorties exceptionnelles d’hier, le quotidien de demain. Dans ces conditions, ce n’est peut-être que le moteur Shimano qui manque de punch pour coller parfaitement au tableau.

C’est souple, assez fidèle au coup de pédale, assez coupleux comme on nous le promet. C’est simplement qu’à un moment, le mode Trail étant si plaisant à utiliser, qu’on aimerait que le mode Boost s’en distingue vraiment, avec des coups de patate comme certains concurrents savent en donner.

 

 

Qu’en penser ?

Dimensionné tel qu’il est, le Santa Cruz Bullit a en tout cas de quoi suivre cette cadence et ce rythme. Nul doute que ça rendrait éventuellement certains moments trop plan plan un peu plus funny à son guidon. Qu’est-ce qu’on dirait si Steeve McQueen ne faisait pas une seule fois fumer les pneus de sa Ford Mustang ?! 

Quoi qu’il en soit, à armes égales – puisque désormais l’ensemble de la gamme californienne fait usage du Shimano EP8 – le Santa Cruz Bullit n’est pas qu’une simple nuance. La différence est nette, et la question du choix est vite répondue. Montagne ou collines ? Rando ludique ou Enduro ? Petit tour ou grosse journée ? 

Autant d’opportunités de bien cerner lequel il faut pour s’exprimer. Voilà en tout cas la gamme Santa Cruz VTTAE qui s’étoffe et prend du coffre. Et pas qu’un peu. D’un modèle il y a encore quelques jours, la voilà forte de trois montures et ses différents niveaux de gamme. Ça commence à faire du nombre pour se positionner face à la concurrence…

 

 

 

La gamme des Santa Cruz Bullit 2021

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