Fidèle à l’Epic Enduro depuis sa création, en les ayant tous terminés, notre ambassadrice Nadine Sapin (vainqueur de la toute première édition) s’est lancée le défi de le faire cette année en VTT à assistance électrique. Aucune féminine ne l’a encore fait… Trop dur, trop long, trop engagé en VTTAE !? L’E-Pic plus dur que l’Epic !? Voyons ce qu’elle en pense…

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes – Photos : N. Sapin/Velo Caroux


 

 

L’avant-course

Comme l’année dernière, je profite de cette épreuve pour tester un nouveau bike. Mon destrier pour cette nouvelle édition du Radon Epic Enduro est le Genius eRide 900 Tuned 2019 en 29 pouces (moteur Shimano E8000, batterie 500Wh. Beaucoup d’entre vous savent que j’ai un passif chez Scott (sponsoring) mais ne croyez pas que je n’aurai pas l’esprit critique s’il le faut envers ce vélo d’essai. Et ce sera à découvrir très bientôt à l’essai à la Une de VTTAE.fr… 😉

Pas plus, pas moins entraînée que les autres années, je ne me faisais pas plus de soucis que ça de le faire en VTTAE jusqu’à la semaine précédent l’événement. Effectivement, j’ai découvert le kilométrage et dénivelé de l’épreuve 2019 : 114km, 4900m. Hummm… divisé par 3 boucles avec un changement de batterie par boucle, on tourne autour des 40km par boucle et 1650m de dénivelé par batterie ! Houla mais va falloir gérer à fond avec une 500Wh ! Je n’ai pas souvent fait autant de dénivelé avec une batterie ! Certes, il y a principalement des pistes en liaison mais connaissant un peu le coin, elles peuvent être terriblement raides… Ce n’est pas gagné cette histoire !

La veille de la course, le Genius eRide Tuned est prêt. Une petite pluie est annoncée pour le lendemain, j’ai donc mis un pneu gomme tendre à l’arrière à la place d’un pneu d’origine gomme dure. J’aurai bien mis un trés tendre à l’avant mais en 29 avec un section de 2.6, je n’en avais pas. J’ai également mis un plus gros garde boue (Zefal). Enfin, cette épreuve étant longue, où le confort a son importance, j’ai donc aussi changé les points d’appuis : selle et poignées.

Les éclairages pour les spéciales de nuit sont fixés sur le guidon et le casque, le sac et le réveil sont prêts, reste plus qu’à aller se coucher.

 

 

Après une nuit plutôt light, le réveil sonne à 3h15 du matin (c’est dur…), petit déj et hop direction le départ pour la mise en grille. 4h30, c’est parti pour un grande journée de ride malheureusement sous la pluie, va falloir se motiver !

 

 

 

 

Boucle 1 (30km, 1400m de dénivelé, 3 spéciales)

La première longue liaison de nuit permet d’étirer les 500 engagés avant la 1ère spéciale. Je ne traîne pas en VTTAE (en restant en mode Eco) pour ne pas risquer de gêner les plus forts en VTT.

Je pars en 2ème position, il pleut mais le sous-bois semble sec ce qui me soulageait car dans le première partie de la descente, il y a un passage sur une dalle difficile à négocier. Si elle est humide, ça va être une véritable savonnette. J’y croyais encore en arrivant dessus mais non l’humidité ambiante avait suffit pour la rendre glissante et c’est en mode “n’importe quoi” que je la franchis… Le reste de cette très longue spéciale de nuit est très glissante sur le bas avec des racines, des pierres… le vélo part dans tous les sens. Ça réveille d’entrée de jeu !

Ce qui est sûr c’est que 2 pneus en gomme très tendre n’auraient pas été de trop pour cette édition… tant pis, va falloir faire avec.

J’enchaîne toute la première boucle quasiment de nuit. J’ai retrouvé par hasard mon fidèle compagnon de course Christophe, avec qui je roule souvent en liaison. Il est aussi en VAE avec le même moteur, c’est parfait, on a la même cadence.

On revient au paddock à 7h30. On termine “juste juste” en batterie et pourtant on a tout fait en Eco (sauf les spéciales en Boost). c’était la plus petite boucle, houla, ça promet…

La pluie s’est arrêtée depuis un moment. Il est temps d’aller prendre un café, de tout façon on ne peut pas repartir avant 8h. On change de batterie et on met en charge celle de la boucle 1 pour l’avoir pour la boucle 3.

Pendant cette pause, je vérifie le vélo, tout va bien sauf que je suis à plat derrière. Je ne m’en étais même pas rendu compte avec la mousse de protection (comme quoi, c’est efficace !). Je pose une mèche dans le trou, met la pression à fond et c’est réparé !

 

 

Boucle 2 (44km, 1700m de dénivelé, 3 spéciales)

Avant d’attaquer la montagne, on a 7km (à l’aller, à refaire au retour) sur une voie cyclable plutôt plate. On les fait presque sans moteur pour économiser un maximum. Cette deuxième boucle est toute nouvelle avec des spéciales fraîchement ouvertes dans de la terre meuble ! Presque impensable dans les montagnes du Caroux réputées pour ses pierres. C’est ludique et magnifique. L’organisation a bossé comme des fous. On a même droit à un bout de liaison en balcon dans une vallée splendide !

On a un bon rythme avec Christophe, on ne traîne pas, ni au départ, ni à l’arrivée des spéciales, on pédale toujours en Eco. Je pense que l’on force tout autant que sur un VTT mais par contre, on va bien plus vite donc les liaisons semblent bien moins longues et monotones sur ces longues pistes. En contrepartie, en descente, le ebike est plus lourd à gérer, le haut du corps est bien plus sollicité, surtout avec autant de dénivelé, faut encaisser.

D’ailleurs, en rentrant presque sans moteur (Christophe est à la limite de la panne sèche), il me dit qu’il a mal aux mains, bras et qu’en tant que “bon sudiste”, il n’est pas trop motivé pour continuer sous la pluie qui vient de faire son retour. Je lui donne quand même rendez-vous dans 45min pour repartir, j’espère qu’il sera là.

Changement de batterie, 2ème contrôle du vélo, tout va toujours bien, rien n’a bougé sur le Genius eRide. Je me change complètement pour repartir au sec et prend des forces en mangeant plutôt salé. Déjà 75km de parcourus et 3100m de dénivelé effectués. Il reste 47km et 1600m de dénivelé à faire avec la redoutée dernière spéciale des “Pylônes”!

Avant de repartir, j’enfile vite un short et une veste de pluie car la pluie s’intensifie. Christophe est là, pile à l’heure, direction la boucle 3.

 

 

Boucle 3 (42km, 1600m de dénivelé, 4 spéciales)

5 minutes plus tard, on est en pleine liaison quand il tombe une énorme et longue averse accompagnée de vent. Christophe commence à me maudire. On essaye d’en rire mais on se gèle quand même. Heureusement, l’averse ne dure pas trop longtemps et la spéciale 1 de la dernière boucle est assez sableuse. Elle ne glisse pas trop. Christophe se fait plaisir et surtout repart sur la fin du parcours. C’est cool !

La pluie s’arrête complètement à nouveau, et même définitivement pour la journée. Les spéciales 2 et 3 de la boucle 3 sont quant à elles assez glissantes, surtout que la fatigue n’aide pas à bien maîtriser son VTTAE.

Enfin, arrive la dernière spéciale, on a encore tout fait en Eco mais heureusement les montées n’étaient pas trop raides cette année. En moulinant, on avait assez de batterie mais c’était pas sans douleur, croyez moi !

On est en avance sur le timing de la course comme 2 autres VTTAE qui eux avaient des batteries en 700Wh, ils n’ont donc pas eu à gérer comme nous.

Alors que l’on est presque arrivé, que c’est la dernière spéciale, on devrait tous être contents mais c’est la spéciale la plus dure de la journée ! C’est la plus technique, la plus raide, la plus étroite…. et surtout on a déjà 4000m de descente dans les bras !

Rouler souple, se faire plaisir et surtout éviter la chute dans les pierres…” Je souffle un bon coup et je me lance dans cette dernière spéciale.

Le terrain est compliqué à lire car c’est une alternance de zones humides et d’autres qui commence à sécher avec le vent. Certains rochers ne glissent pas, d’autres sont des patinoires… C’est dans un mode pas très académique que j’enchaîne les difficultés en serrant les dents, en sortant si besoin un pied, voir, les 2 🙂 . Les VTT électriques sont lourds à manier dans ce type de sentier étroit et sinueux. Faut tenir fort le guidon et gainer son haut du corps. Et finalement, tant bien que mal, ça passe pas comme un avion mais je termine sans chute, je suis contente.

Christophe ne desserra les dents que 5min après être arrivé en bas mais, au fond de lui je sais qu’il est super content d’avoir bouclé cette édition en VTTAE. On est encore dans le rouge au niveau batterie. On rentre roues dans roues sur la piste cyclable de 8km. Une petite montée de plus et on tombait en panne.

En arrivant au paddock, je suis ravie de cette expérience. J’étais bien plus lucide dans toutes les spéciales que les autres années en VTT. En effet, j’ai bien plus apprécié le parcours malgré la météo. Physiquement, j’ai quand même eu ma dose mais je ne suis pas au bord de l’épuisement. Par contre, je me fais un peu du souci pour les autres concurrents en VTTAE que je ne voyais toujours pas arriver. Beaucoup rentreront bien plus fatigués et sans batterie.

 

 

Un E-Pic reste un Epic !

Les 4900m faut se les monter et se les descendre, les encaisser physiquement et mentalement. Alors plus dur en VTTAE ? Oui et non ! Comme toujours tout dépend de l’état physique… Ne surtout pas croire que c’est facile et que tout le monde pourrait le faire, c’est la pire des choses à penser. Tous les finishers en VTTAE ont autant de mérite qu’en VTT. Bien Sûr cela ne sera de moins en moins valable puisque la capacité des batteries évolue au fil du temps. Mais en tout cas, au regard de mon expérience avec une batterie de 500Wh, l’E-Pic Enduro reste épreuve “marathon” (extrême) à part entière… Si quelqu’un a un doute, je l’attends sur la ligne de départ l’année prochaine.

 

Côté résultats

Alex Rudeau remporte haut la main cette édition en Levo devant Cyril Briquet et Antoine Laborde.

Je pointe le bout de mon nez en 14ème position sur les 22 finisher “Epic d’or”. Comme en VTT, tout le monde n’arrive pas à aller jusqu’au bout (13 Epic argent/bronze).

Par équipe en VTTAE, c’est le Team Occitanie Barbarians qui monte sur la plus haute marche.

Résultats complets > https://epicenduro.com/epic-enduro-2019/resultats-radon-epic-enduro-2019

 

 

Le film officiel de l’événement

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